Jeudi 29 mai 2008


Ça  y est: la dure loi de la vie, du travail presque intensif, des routines boulot-dodo (y a pas de métro) m'a rattrapé. Je ne peux lui en vouloir, elle a pris son temps et m'a laissé 8 mois d'oisiveté où mon activité principale fut " Que mettre dans mon tube digestif?". Cette activité somme toute nécessaire a cependant un prix ici aussi et les finances du pauvre Job tire la gueule... Donc deux solutions se présente à lui:

- Rentre chez ta mère, elle t'a préparé un macaroni au gratin et le Guillou  avec un bon verre de pif!... Ou...
- Fais-toi plus backpacker que jamais, attrape le taureau par les cornes et trouve toi un job!!

J'avoue en toute sincérité que la première solution est alléchante. Mis à part le macaroni et le verre de pif,...  ma môman, guillou, mes frérots et toutes les crapules condruziennes commencent sérieusement à me manquer. Mais de mon p'tit nuage Mendozinien, je pense aussi que je raterai une occasion de ... de je sais pas quoi mais je le sens!! Ça se vit ces choses là, ça ne se couche pas sur papier virtuel.
Donc un job. Je pourrais faire de l'artisanat de ville en ville en fabriquant des brelocks pour ta crapaute comme tous les pouilleux hippies sympathiques; mais j'ai pas trop le don de la créativité des babioles, même sous drogue, je pense que la patience me ferait vite défaut ( déjà en maternel le picotage, c'était pas pour moi)... Et puis les hippies électro-punk ont envahi le milieu depuis mathusalem. Sortie sans issue!
Non, il me faut quelque chose de constructif où j'apprends un peu, partage beaucoup, gagne de l'argent en barre et dans lequel je me sente bien,... vous voyez quoi, dans le genre même pas difficile. Étant donner que, grâce au très haut, j'ai été doté de deux mains pour faire autre chose que la branlette (Activité passionnante et récréative mais fort peu lucrative si ce n'est pour les vendeurs de rouleaux de PQ), pourquoi pas les cueillettes... Ça paye bien... A voir!
Constructif, j'ai dit constructif, Ça tombe bien j'ai rencontré une architecte un peu folle qui serait prête à me confier un projet.
Brève entrevue:

elle: Tu travailles dans la construction?
moi (un rien supérieur sûr de lui):On peut dire que oui, en partie... En réalité, souvent en black en Belgique.
elle:Tu connais la construction écologique?
moi:A non peut-être! (Des baraques à base de bouse de vache, faut pas avoir fait math sup'... ça je le pense, je le dis pas!)
elle: Tu as déjà construit une maison?
moi (sortant mon masque de surprise et de vexation): Oui, quelques-unes (OUH!! le menteur!... pas de sentiments, j'ai besoin de sous)
elle: Tu sais lire des plans de construction?
moi:oui, c'est pas très dur. ( re menteur! Bah! c'est des gribouillages à la latte et l'équerre avec des ptits numéros.)
elle: C'est bon, on tente l'aventure.

Wahou! je vais construire une maison... Je suis plus excité que honteux de mes bien maigres mensonges. Après tout, j'ai pas menti, j'ai réellement déjà faitpas mal de constructions: un mur par-ci, un béton par-là, une charpente comme-ci, un toit comme-Ça... Et puis, c'est le moment ou jamais de voir ce que je vaux, ce voyage est un voyage introspectif qui fouille dans les tréfonds de mon âme à coup de: "qui suis-je?", "Où verge?", "Dans quelle étagère?", et toutes ces conneries.
Dans le pire des cas, la maison s'écroule et je suis à 8000 km sirotant un pastis à la terrasse du verskur rue saint-gilles... ET QUOI?! Y a des enfants qui meurent partout dans le monde, ils vont pas me chier une pendule parce que une maisonnée s'est écroulé à mendoza. Il y a des choses plus importantes dans la vie bordel de merde!
Les travaux commencent. Je travaille avec deux maçons. Ils comprennent rien à mon espingouin et moi, rien du leur. On s'entend cependant très bien, ce doit être l'intuition et la bonne onde universelle qui nous aide (Il faut d'urgence que j'arrête le maté, je deviens un peu trop spirituel-Krishna à mon goût). Avec eux, je fais les tranchées de fondation, le béton armé et la mise en place de toutes les colonnes de la structure de la maison. Dis comme cela en deux lignes, ça fait rapide et facile, on met cependant 2 mois à terminer cette partie.
Pour bien visualiser, je vous donne un petit détail qui a son importance. Je n'ai pas choisi l'unique modèle de chez Thomas&Piron qui consiste à faire un beau bloc de béton carré avec une merveilleuse brique de flandre, une fausse cheminée et les dentelles déjà ajustées aux fenêtres... Non, non, non, j'ai une très haute estime de moi-même et une confiance absolue en mes mains d'orfèvres et mon savoir-faire hors du commun!! Ainsi que je laisse les maisons de poupées de connard&co pour le maçon banal sans envergure et m'attaque à la construction d'un caracole géant de 200 mètre-carré. Avec en vrac: deux étages, un salon ouvert sur la cuisine, deux chambres avec vestidor, une buanderie, une salle de bain, une chiottesèche et une serre intégrée... La total moules-frites quoi!! Une maison en spirale avec un toit qui monte qui monte jusqu'à une colonne central de 6.5 mètre. Ça ne vous parle peut-être pas mais la différence entre tracer les quatrescoins d'un rectangle dans un champs ou pointer l'endroit exacte de 40 colonnes disposées en spirale, c'est comme beugler "la grosse bite à dudule"  au troquet de la vieille Jeannine ou chanter " La belle Hélène"  d'Offenbach à l'opéra de Paris... Techniquement un peu différent.
Donc en bref, 30 jours pour retirer 45 mètre-cube de terre à la main (avec une pelle, ils sont quand même pas si pauvres que ça!), fabriquer toute la structure de fers à béton ( plus de 4000 fers à couper, plier et assembler avec des p'tits bouts de fils de fer), coffrer, couper à dimension les colonnes et les poser à leur emplaçement respectif, et enfin, couler le béton. On ne fait pas la sieste et je crève de chaud. Mon lointain sang africain ne m'aide pas à affronter les 40 degrés que je me tape pelle à la main. Je bois beaucoup d'eau... Hé oui, j'ai dit que c'était un voyage introspectif.
Vous ne pouvez pas vous imaginer le bonheur que c'est de voir toutes ces jolies colonnes liées entre elles par un artistique entre-mêla de fers à béton et posées bien fermement dans leur lit de béton. Ce spectacle te soude une équipe! On se fout une méga-purge à la santé du labeur accompli qui, sans détour, fut un défi pour chacun d'entre nous. En effet, il n'y en a pas un qui savaitoù il foutait sa grolle... Mais nous, on avons vu cette satané lumière de la création au fond de ce champs de navets, on a vu le beau dans le moche, on a senti la vibration du fini dans le néant et we did it!! (tcheu di, cette phrase là je peux l'envoyer à Guy Gilbert pour évangéliser ses loubards de bas-fond, il aurait son ptit succès le prêtre à santiags!)

Ce moment d'intense émotion passé, on enchaîne avec la suite: Murs de pierres sur 70 cm de haut entre chaque colonne et construction de la charpente en troncs d'arbre. C'est deux nouveau travaux m'occupent pour une paire de semaines de 8 à 20 heures du lundiau samedi... ce qui me vaut une augmentation substantiel de 70 pesos. Je vais devenir archi-millionnaire! Je ne gagne plus 10 euros par jour mais 22. Du 200 pourcent, pas mal. Je peux donc maintenant m'offrir tous les p'tits plaisirs simples de la vie comme une bon choripan avec du fromage et quelques litres de bières ou un croque-monsieur à la viande au resto. Comme vous voyez, je flambe, je brûle, je claque tout dans le luxe: "au diable l'avarice madame la bouchère, vendez moi cette belle tranche de gigot, un quart de bleu et ce ptit saucisson pour ma dent creuse!!! La patte de jambon, tu me la gardes pour dimanche."
Elle est pas belle la vie??
Vous l'aurez compris, malgré une montagne de travail, je ne suis pas mécontent de ma petite aventure mendozinienne. Mes journées sont bien chargées et explique d'ailleurs en partie que mon blog ressemble plus à un vieux blog hanté de souvenirs périmés quà un journal de bord. J'ai seulement le dimanche comme jour de congé et aspire à autre chose que de pianoter sur la cyber-toile. Je ne me cherche pas d'excuses, même si je trouve celle-ci particulièrement bonne... donc, désolé, fin de la parenthèse!!
Mes journées ont la rythmique monotone d'une horloge suisse. Je me lève, deux cafés, construction de murs en pierres avec mon ami Fangio, le mangé, travaille avec le charpentier et dodo! Je mets cependant un bémol à cette espèce de pessimisme imbécile qui me fait dire "journée monotone".  Car, en réalité, les personnages hauts en couleurs qui m'entourent font qu'un jour normalement banal de travail se transforme en une belle après-midi ensoleillée de printemps... vous voyez? Ce genre de journée qui commence par le chant joli des oiseaux et un chaud levé du soleil! Je vous accorde que mon style frise un peu la grande fifille à tutu et la métaphore à un émouvant entre-chat de ballerine gay mais comme ça, vous comprenez. Maintenant que vous trépignez d'impatience, je lève le rideau et vous décrit mes compagnons de route à ma manière, tel que je les vois moi.

vida: La doyenne. Quand je dis la doyenne, vous pourriez penser à une vieille acariâtre qui sent un subtile mélange de pisse et d'eau de Cologne... Doyenne, ça fait un peu vioque. La réalité en est bien loin: elle est aussi sympathique qu'avenante. La belle a 26 ans et prépare tout pour l'arrivée de sa mère qui se rapproche déjà plus de la définition de doyenne. Les deux gringas vont en effet vivre ici et laisser leur pays de descendants de putains et bâtards européens à sa propre merci... la désertion valant mieux pour elles que de subir le système de merde qu'est les Etats-Unis... Que les loups se mangent entre eux!! ( Note historique de haute valeur objective: Vous ne le saviez peut-être pas mais la conquête d'un continent ne se fait pas avec l'aristocratie du pays envahisseur; on y envoie d'abord les fonds de prisons, les rats de cave, les désabusés et les aventuriers en manque de viol et de séquestration de bronzés autochtones... Sans oublier les putains pour animer tout ce joyeux p'tit monde et donner naissance à nos fiers cow-boy texans. Ensuite, quand le pays est sécurisé des sauvages, on envoit les bouseux, les banquiers et les curés pour faire fleurir une belle et grande nation basée sur de solides valeurs morales dont le symbole le plus fort est le billet vert!! Si vous ne me croyez pas, lisez mon futur roman: "La véritable histoire des yankees revisité par bertrand et l'oncle André autour d'une bouteille de whisky".)
Je m'égare. Donc, la Vida est la propriétaire de la maison où je vis et l'aimable main qui me paye. Hormis ce détail bassement matérial, c'est une excellente amie qui aime boire, sortir, se moquer et la vie en général. Elle me trouve...  RARE... Je ne sais comment le prendre mais comme elle le dit avec le sourire, ça passe. On passe de nombreuses soirées à écouter de la musique, boire du vin, de la tequila, de la bière, du détergent vaisselle en cas de rupture de stock et à parler de tout et de rien. J'ai d'ailleurs remarqué chez elle une prépondérance pour parler de rien mais je suis bon public (quel enfoiré je fais, elle peut même pas se venger, elle parle pas français!).

Manu: Le vilain chilien. Il n'a rien de vilain mais par principe en Argentine, tous les chiliens sont vilains. Il m'apprend avec enjouement toute la finesses des gauloiseries populaires argentaises et chiliennes... que je m'empresse d'emmagasiner et, pour ne pas être en reste, agrémente de quelques cocasses expressions du cru en français. L'échange culturel lui plaît beaucoup. C'est le chef maçon et il l'assume à la perfection: La majorité du temps, il s'accroupit à l'ombre avec un maté et nous regarde, Fangio et moi, suer corps et eaux sous un soleil de plomb par 40 degré. Parfois il se met dans la position du penseur de Rodin et se met à penser pour quelques heures... Il s'arrête toujours de penser pour l'heure de la bouffe ou la fin de journée. C'est qu'il a ses horaires le bougre!!
Tout le travail lui parait "facile" (après l'avoir pensé qq heures en dessous de l'arbre bien entendu). C'est son mot fétiche. A chaque étape: "facile, on creuse un peu, deux morceaux de fers, les colonnes et c'est fini". Quand il dit 3 jours pour un travail, tu fais fois quatre et tu obtiens la moitié du temps nécessaire pour l'accomplir.
Un homme simple, profondément bon et généreux comme il en manque beaucoup sur terre.

Fangio: Pour de vrai il s'appelle Fabio mais je lui préfère Fangio. Pourquoi, je n'en sais rien. Il n'a rien d'un fonceur. De trois ans mon aîné, il en fait 10 de moins. Malgré qu'il ait déjà deux enfants, j'ai l'impression que si tu pinces son nez, il y a toujours du lait qui en sort... il habite chez moman comme un bon argentin et vitcomme si il n'avait toujours pas cassé sa coquille. Personne tranquille qui dégage une espèce de tristesse permanente pour ceux qui ne le connaissent pas. Il n'est pourtant ni triste ni de triste compagnie quand il t'a donné sa confiance et se révèle même être un sacré enfoiré fouteur de gueule sans y toucher!!
Je crois que sa rencontre avec des étrangers et Adriana(l'architecte) est une des meilleurs choses qui lui soit arrivé. Ça lui donne d'autres perspectives et lui laisse plus de place pour le rêve d'un autre chose. Il a maintenant des envies de voyages mais les voit toujours plus comme une illusion que comme une possible réalité. Mais ça change... et je voudrais vraiment qu'il ai la possibilité de venir visiter notre beau et plat pays d'alcooliques!! C'est devenu un très très bon ami. Qu'il se fasse plaisir, c'est tout le mal que je lui souhaite.

Carlos, le charpentier: Gros personnage tonitruent à la voix caverneuse. Plus qu'un charpentier, il est chanteur d'opérette, conducteur d'hélicoptère, prof de ski de haut niveau, boulanger et dernièrement... employé communal. Mélange étrange où il est difficile de rencontrer le vrai du faux car en chacun de ces petits mensonges, il y a une part de vrai...  Si on l'écoute, il a fait de la charpente maritime... personnellement, je pense que les seuls bateaux qu'il ait fait, c'est dans le bain avec sa mère!! C'est tellement beau quelqu'un qui vit ses rêves et qui ne se prend pas au sérieux. Moi, je gobe tout ce qu'il dit (il fait de mal à personne) et ça lui fait plaisir de raconter. Il nous fait beaucoup rire même si parfois il nous fatigue car si il chante comme un rossignol, il berdèle aussi comme une pie. Il m'a déjà fait quelques frayeurs. Quand il rit, il gonfle, devient écarlate, fait fuir tous les animaux alentour sur un rayon de 8 km avec sa voix de tenor, tousse, s'étrangle, s'assied pour se masser les côtes et rempli un sceau de 10 litre avec ses larmes tant il pleure. Les premières fois tu t'arrêtes de travailler pour savoir quand appeler le cardiologue et le service de réanimation, puis, après 35 esclaffements par jour tous les jours,  tu t'habitues et continues ton boulot sereinement. Il est bon comme le pain et ces connaissances linguistiques lui permette de dire: "le popol dans la foufoune" avant de partir d'un nouvel éclat de rire.

Durango: Le disciple du charpentier. Ce dernier l'appelle affectueusement "le lièvre Créole". Tout ce qu'il fait, il le fait en courant. Si t'oublies un outil et que tu es au deuxième étages, envoye le lièvre créolle et 2 secondes après, il est dans ta main!! Attention, ce n'est pas n'importe quel lièvre commun, Carlos, en connaisseur, a choisi "le créolle":  le plus grand et plus rapide de tous... c'est ça qui est beau!!
L'autre jour, Fangio et moi l'observions en cachette: le maître lui avait demandé d'accomplir un travail avant son retour et notre ami se fit un devoir de le réaliser en courant. On a faillut crever de rire quand il est monté à l'échelle! Tellement concentré à courir qu'il a oublié qu'il n'y avait pas plus d'échelons et qu'il a continué sans s'en rendre compte sur le poteau. C'est notre petit Forest Gump à nous.
A part ça, il adore la byciclette et les avions. Quand on se fout gentiment de sa gueule, il boude 10 minutes et te re-parle de byciclette. Il est sympa et ses ptites manies n'en font pas moins non plus un bon ami. Ah! Détail important: il remonte ses pantalons jusqu'á ses aisselles, ce qui donne un cachet admirable à l'artiste.

Adriana, l'architecte: La plus atypique et marginale de tous mais de loin, la plus chère à mon coeur. Je ne l'aimais pourtant pas et elle non plus. C'est une amie de la finca où j'ai travaillé. D'emblé, je l'ai sentie désagréable, froide, hautaine et pire de tout, féministe type "chienne de garde" . De quoi me faire montrer les dents et attirer mes sarccasmes les plus vitupérants. De plus, elle se balladait toujours avec son hystérique fille d'un an et demi, toujours pleurant et criant... Un supplice à vivre et une allégresse quand elles s'en allaient... dieu sait où.
Et bien, si je dois me repentir pour un jugement trop vite émit, je le dédicace à Adriana et son p'tit monstre. Cette femme est pleine de vie, de contrariétés, de joie de vivre, d'amour de ses enfants et de partage... une femme vous dis-je, une femme... pleinement, passionnément!!
Elle ma donné un travail, une amitié, une famille et ... un amour. Cette vieille sorcière, que je considère comme une soeur, avec cet instin féminin propre à agacer l'absence du notre, m'a, l'air de rien, fait rencontrer sa cousine. Cupidon a fait le reste même si il a pris son temps pour armer sa putain de flèche. En ce moment, sa cousine et moi chassons toujours les papillons et le ciel n'est toujours pas couvert de gros nuages noirs, donc, affaire à suivre!!
Elle m'a donné bien plus que le gout de l'Argentine, elle m'a fait sentir chez moi à 8000 km de mes terres et des miens et rien que pour ça, Adriana: MERCI.

Voilà, vous connaissez mieux mon proche entourage argentin. Pour les autres rencontres, la liste est bien trop longue et risque de fatigué vos yeux déjà érrintés par tant de blabla...
Je vous laisse donc vaquer à vos occupations et m'en vais prendre une p'tite bière la tête pleine de Belgitudes.

bises à tous et santé.

bertouille


- Par Touille
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Samedi 29 mars 2008



Parenthèse de l'auteur:

Le retard s'accumule mais je ne vous oublie pas, je vous le promet. Le problème est que cela fait maintenant 2 mois que je travaille et que je n'ai plus:
1 le temps,
2 La force,
3 L'inspiration,
4 Et patati...

Biffez les mensions inutiles et croyez ce que vous voulez... Désolé pour ceux qui me lisent toujours de temps à autre et désolé aussi pour ceux qui n'en prennent plus la peine (même si ils n'en sauront rien).
Je sais que la fraîcheur de cette nouvelle sent l'hospice mais faites comme si internet n'existait pas et que cette dernière histoire venait par chariot postal traversant moult contrées sauvages et ayant vécu mille et un périples pour tomber entre vos mains tremblantes d'impatience... Ça la rendra plus attractive!
Donc  je reprend là ou j'en étais:

         De retour en Argentine, nous partons directement pour Mendoza, c'est reparti pour 15 heures de bus. J'ai envie de montrer à Laurent La finca où j'ai travaillé un mois et demi. Nous y passons une semaine agréable à construire le toit d'un kiosque; comme une des maisons des trois p'tits cochons, nous le faisons de paille, boue et cane de maïs... J'espère juste qu'il y a pas de loup.
Pas de temps à perdre, malgré l'épuisement d'une semaine de dur labeur (désolé travailleurs mais après quelques mois d'oisiveté intensive, Laurent et moi nous épuisons vite),  nous partons pour le Sud. Le principe est de longer les andes en faisant quelques arrêts dans divers endroits jolis.
Nous faisons du Stop et qui dit Stop dit " Notion temps-distance parcourue et point de chute plus qu'aléatoire. Les joies du stop font qu'un jour n'est jamais un autre:
Ou tu attends 10 min pour faire 700 km d'une traite, ou tu attends 7 heures pour en faire 10, ou tu attends 1 jour pour finalement dormir dans la station essence!!... Tout cela bien sur agrémenté de détails qui rendent le voyageplus divertissant: gueule dans le cul, pluie (parfois), soleil de plomb sur fond désertique sans rien pour t'abriter, vent patagonien qui nous caresse le visage à grands coups de raffales ensablées de 300 Km/H... Bref un plaisir!!
Ceci étant, nous rencontrons des gens adorables, dormons dans des endroits qui sortent des autoroutes touristiques, économisons de l'argent pour notre soif de Bachus et vaille que vaille arrivons aux destinations voulues dans des temps réglementaires. Le premier arrêt que nous nous fixons est "El bolsom" et sachez le chers lecteurs, là-bas: "el magico es natural"... Laurent ne le dira jamais assez!

El bolsom est un village d'irréductibles youkoulélés où se mêlent artistes de rue, artisans à cheveux crouteux qui font de jolis colliers pour ta mouckère et quelques brasseurs de bières... Le tout dans une ambiance majijuanesque. On s'adapte comme on peut au village et on y passe deux semaines inoubliables. Nous fêtons noël là-bas avec un français, un anglais et deux irlandais dans un hostel atypique "La casita de Ester". Atypique tout simplement parce que la Ester en question est atypique; elle est plus souvent en connections avec le scrameustache et à voyager à contre-sens à dos de libellule sur la voie lactée qu'à tenir son hostel! Inutile donc de préciser que la bruyante brochette d'européens fanfarons que nous sommes s'occupe de la décoration. Sa casita devient notre caverne de cro-magnons et, en absence de femmes, ressemble vite à un chaos de vidanges, vaisselle sale et vêtements éparses.
Laurent se distingue directement le premier soir; il n'arrive même pas jusqu'au bar après notre repas de noël arrosé et préfère dormir sur le moelleux trottoir à l'angle des rues principales du village... c'est à dire: dans la foule. En bon ami, et surtout en connaissance de cause, je le laisse là et m'en vais déflorer quelques bouteilles toujours vierges, laissées pour compte dans leur froid, sombre et triste frigo d'inox... Ne pleurez pas mes douces, déjà je vole à votre secours vous donner un peu de chaleur chrétienne... Après tout, c'est noël pour tout le monde!!
Je suis ravi d'avoir rencontré deux Irlandais sympas et bruyants, moi qui en toute sincérité n'aimait pas ce peuple roux irrespectueux à l'accent incompréhensible. Je suis surpris de voir qu'en faite je n'étais qu'un gros con raciste... Alors merci à Jésus (je vous l'ai dit, c'est noël) et à vous deux de m'avoir donner le goût de retourner dans votre pays plat et pluvieux où la finesse de la gastronomie rivalise avec celle de vos femmes... Chui un peu vache là, faut quand même dire qu'ils ont de sacrés belles races de moutons... Sans oublier leurs cailloux!
Nous faisons un trek de 3 jours en montagne et en bon backpacker, la veille du départ, on fait le plein de toxine en buvant comme des chameaux jusqu'à 5 h 30 du mat'. Réveil à 9 heures, gueule dans le cul de dieu le père.... traverser la cuisine pour faire du café est physiquement comparable à l'ascencion de l'Everest jour de blizzard... Ca va être jovial!!! Je prépare mon sac. Quant à Laurent, ayant oublié sa dizaine de neurones dans une ultime bière à 9 degré, il pense bon de laisser dans son sac: ces cd, tous ces vêtements, ces bouquins et autres babioles très utiles en montagne... sacré caprin de montagne, il va en chier. Le premier jour, on monte de 1300 mètres; après 200 mètres de grimpette, nos coeurs sont prêt à exploser, on est rouge écarlate, on sue des gouttes d'un litre et notre transpiration sent la distillation d'un alcool à 40. exactement le genre de moment où on se dit: "Qu'est ce qu'on fout là?", "Depuis quand j'aime bien marcher?", "J'arrête de boire" et "putain que c'est chiant la montagne, ca fait que grimper!". Finalement tout se passe bien, les deux autres jours se passent mieux et on profite réelement des paysages magnifiques. Je pense que le fait d'avoir plus de sang que d'alcool dans les veines joue beaucoup.
De retour de la montagne, on a soif d'autre chose que de l'eau des rivières et c'est reparti pour une nuit blanche réglementaire Irlande-Belgique avec destruction parcielle de la casita de la pauvre Ester. Nous nous réveillons à 12h30 du matin, frais comme des gardons... Chui pas bien, il me faut un café. J'entre dans la cuisine et ne la reconnais pas: Ca pue l'encens, le sol et la cuisinière sont propres, une fille est en train de laver la vaisselle pendant qu'une autre guerroye vaillament avec la brosse à chiotte... Que se passe-t-il??? On assume mal le choc; on s'asseoit tout les quatres à tables et les regardons d'un air mauvais. On ne retrouve plus rien, on a peur de déplacer des trucs, ca ne sent plus l'hormone mais l'église (amen) et je n'ose faire caca tant la cuvette brille!!! On fait la gueule à Ester qui se permet de louer des chambres sans nous concerter. Pour le nouvel an, on va devoir partager notre espace avec ces quatres nouvelles venues.
Notre choc matinal passé et leur sympathie nous dérident un peu et, bien que l'on ne nous aie pas convié au vote, nous décidons finalement de les accepter dans notre nid douillet. Nous ne le regrettons pas et passons un fantastique nouvel an en charmante compagnie. Avec un brin de mysoginie, nous remarquons également qu'elles ne nous empêchent pas de foutre le bordel mais qu'elles le rangent rien de plus... c'est pas merveilleux ca?!
Mise à part cette constatation vulgairement machiste, nous devenons très bons amis et nous faisons un campement de 4 jours au bord d'un lac avec les filles, un irlandais et Alberto. Ce dernier est sans conteste devenu notre ami le plus cher. Il a plus ou moins la tête de Luigi dans Mario Bross et attire directement la sympathie. Il aime voyager et à la manière de "Huggy les bons tuyaux" a toujours un bon plan, ce qui fait qu'après 2 semaines de voyage au milieu du désert patagonien, nous le rencontrons une fois de plus à puerto natales au sud du chili. L'objectif, marcher ensemble dans le parc nationnal "Torres del paine" pendant 6 jours. Fantastique, incroyable, à couper le souffle!! Ne croyez pas les gens qui disent que c'est cher, trop touristique et surfait.
Il y a deux manière de le voir: Marcher et dormir dans les campings gratuits avec toute la réserve de bouffe pour 6 jours ou prendre le bus, le bateau, dormir à l'hotel et acheter la nourriture dans les kiosques extra-cher. Alors oui ca coute et oui il y a trop de gens mais si tu marche, tu peux le faire sans rencontrer personne de la journée et je vous promet que l'effort en vaut la peine. De plus vous voyez des choses bien plus belles que ces vermines friquées qui font les tours en péniche... bien fait pour eux!

C'en est déjà fini de notre voyage, laurent et moi, il s'en retourne dans nos terres du condroz et je m'en vais travailler à mendoza à la construction d'une maison...

Je dois bien avouer que les premières semaines sans mon labrador ont été un peu plus triste d'autant plus que je le savais festoyant avec mes amis et famille... Mais le projet dans le quel je me suis lancé capte toute mon énergie et c'est avec ferveur que je me mets à l'ouvrage ... je vous raconte tout ca plus tard, c'est promis!!


bisous bisous

touille




 







- Par Touille
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Mardi 26 février 2008
Comment raconter 2 mois de voyage accompagné d'un animal Bruxellois à la trouble et lointaine génétique baraqu'resse condruzienne; comment réduire en un vulgaire morceau de papier l'épopée, si pas chevaleresque, pour le moins roquambolesque de deux Belges moyens en terre étrangère; comment mettre en image les cascades de péripéthies qui nous ont emmenées des côtes Uruguayennes aux portes de la terre de feux; comment, emporté par le flot impétueux de nos aventures, rattraper deux mois de voyage intensif sans omettre quelques scènes croustillantes...  En commencant par l'arrivée de Laurent-outan pardi!
 
Après notre rencontre somme toute banale à l'aéroport avec ces traditionnels "comment va, la famille, ta soeur, ton chien, et patati", c'est dans l'ivresse de cervoizes gaulloises que nous passons notre première journée ensemble, laurent et moi. Le rusé renard avait en effet frauduleusement rempli son sac de délicieuses frivolitées belges, également connues sous le nom de "chimay bleu", "orval", "rochefort" et compagnie... Son stock d'une semaine n'était pourtant pas pret à affronter la voracitée d'un exilé assoiffé depuis bientot 4 mois! Nous sifflons le tout en une après-midi ensoleillée, le tout royalement accompagné d'un Herve vieillit en soute à bagages.
L'effusion des retrouvailles  à Buenos Aire nous épuise, d'autant plus que nous n'y trouvons rien d'autre à faire que se tamponner le coco. En réalité, très vite, cette ville nous emmerde: trop grande, trop touristique, trop tout... Probablement que cette ville est pourvue de mille attrets mais nous n'y trouvons pas notre place et c'est donc de commun accord que nous la fuyons.
Direction, le Delta du Tigre et les plages enchanteresse d'Uruguay. Nous passons donc deux nuits dans le Delta... Incroyable: c'est rempli de petites iles séparées par de multiples bras de rio oú on ne circulent qu'en barque... Vous allez me dire que c'est l'idée d'un delta... je sais... mais des fois je suis un peu con quand j'écris! Donc, cette wonderful petit ville flottante a cependant deux défaults majeurs qui font que l'on s'en échappe assez vite.
Le premier est que, comme le veut le principe de l'ile, quand t'es dessus, t'es entouré d'eau; comme j'ai oublié de mettre mon bateau gonflable Nivea dans mon sac à dos, nous devenons très vite victime d'un système de bateau-taxi qui t'agrandi la rondelle sans te mettre de vaseline... La douleur est forte et nous nous sentons rapidement prisonniers d'une ile oú il n'y a rien à faire. Qu'à cela ne tienne, l'aventure commence et ce désagrément n'entache pas notre Backpacker spirit. Nous nous appliquons donc à faire ce que l'on fait de mieux: prendre l'apéro!
Et PAF, intervient maintenant la deuxième contrariétée de taille: ces saloperies de moustiques. Non pas un, dix ou cent, c'est ptits enculés sont des milliers à se régaler de nos peaux tendres et s'ennivrent de notre sang aux saveurs de mojito!
Nous supportons trois jours la dépendense aux barques et la customisation de nos visages façon élephantman par les moustiques et partons à Nueva Palerma, un charmant petit village Uruguayen. Wouahou, c'est vendredi soir, l'occasion de gouter les spécialitées locales. Sur la route des cafés du coin, nous sommes cependant surpris par l'ambiance particulière du lieu: il n'y a personne dans les bars, tout le monde fait la fête à mobylette. Tout le village y est convié... de 7 à 77 ans! Attention, le tour de mobylette est bien organisé: il s'agit de passer par la place, de prendre les deux rues principales, sans oublier de tourner à l'angle de la rue oú est la station de gazoline. Un même vendredi soir, quand un Belge remet une tournée de pintes à l'assemblée, un Uruguayen se paye un bonus de 3 litre de super... Chaqu'un son combustible! La station essence fait fortune et les bars ont bien tristes mines, poussés aux bords de la faillite par le lobby des mobylettes... Sombre histoire! Finalement, nous n'allons pas dans un bar et troquons la bière pour une glace sur un banc public avec cinema gratis à ciel ouvert! Sur les cent motards, nous repérons même les blousons noirs anarchistes qui coupent par des rues adjacentes... Graines de mauvaises herbes, rompre avec une tradition céculaire! Choqué par tant de laissé-aller avec la culture des ancêtres, nous partons le lendemain en stop pour des régions plus respectueuses du patrimoine.
Rien d'extraordinnaire, nous nous dorons la couène de plages en plages jusqu'à la frontière brésilienne. Ce ne sont pas encore les vacances en Uruguay et nous sommes seules sur les plages ydilliques de Palerma. Notre petit séjour là-bas est cependant égaillé par la traversée du camping de ce qui semble être de loin une femme! Pour planter le décor, je suis paresseusement en train de lire un livre à l'ombre des pins pendant que Laurent pend délicatement le linge fraichement lavé au fil,... quand arrive la demoiselle... La distance se faisant de plus en plus courte à chaque déhanchement de la sirène, nous commencons à être pris d'un doute: "c'est quoi ça? un homme, une femme,... les deux??". A hauteur du campement, la grand fi-fille (qui s'appelle probablement Diego ou Juan-Carlos) nous décoche un jovial et coquin: "Hoolaaa, quuuééé taaaaalll?". Vu l'emphase et l'intonation de la phrase, nous avons du, à notre inssu, attendrir cette grande tante à sacoche. L'équivoque de la situation nous fait pouffer comme de vieilles amies... Peut-etre moi un peu plus que Laurent, conforté dans mon attitude de mâle dominant... C'est vrai quoi, c'est pas moi qui pendait le linge!!!
Nous terminons cette escapade Uruguayenne dans la capitale, Montevideo. Deux jours, ou plutôt deux nuits extraordinnaires où j'assouvi mes désirs lubriques.C'est l'égo rechargé à 100 pour cent que nous quittons ce pays fantastique où les plus vilaines des filles rivalisent avec nos plus beaux joyaux Belges. Je ne m'étendrai pas plus sur mes relations affectueuses transatlantique car, comme le dit mon ami Brassens:
"Manquant à la pudeur la plus élémentaire,
Dois-je, pour les besoins d' la caus' publicitaire,
Divulguer avec qui, et dans quell' position
Je plonge dans le stupre et la fornication ?
Si je publi' des noms, combien de Pénélopes
Passeront illico pour de fieffé's salopes,..."
Sachez juste que ce sont des filles de bonnes moeurs et que je les aime toutes. Ca, c'est mon grand coeur, j'arrive pas à choisir... Quoique en général, c'est pas moi qui choisi.
A vrai dire, Je pense plutôt que si Laurent et moi avons du succès ici, ce n'est pas tant nos charmes Apollonniens que le fait qu'elles ne comprennent rien du tout à nos gauloiseries et trouvent le francais "So sexy!". Hé, hé, hé, devenir une icone de l'amour seulement parce que tu parles francais... Pour ca et pour rien d'autre: Viiiiive la France!
 
De retour en Argentine, nous part....
 
A SUIVRE
 
 
un montón de besos para ustedes!!
Hasta pronto
 
touille

- Par Touille
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Lundi 3 décembre 2007

Hola!

Bienvenu dans le monde fantasmagorique de la « Finca Loca »: joyeuse famille de neo-bio-argentins qui exploitent des blancs pour arracher des saloperies de mauvaises herbes dans leur jardin...  Enfin une justice, des blancs qui bossent et des bronzés qui dirigent... il était temps de changer les bases de cet univers de merde.

 

Je travaille donc dans cette ferme bio comme volontaire...  Le salaire: de la bouffe, un pieu, des rencontres, de l'espagnol et beaucoup de bonne humeur.  Ce système s'appelle 'woofing' et connaît un succès retentissant avec les voyageurs ou désargentés, ou un peu « cosmique en harmonie avec la nature » ou en quête d'un autre chose... Ou les trois réunis et celui-là, je le plains!!

La famille ou je suis est considérée comme 'étrange' dans le village... les gens croient que c'est une secte qui exploite les illuminés du monde entier (ils n'ont pas tout à fait tort!).  Plusieurs arguments de chocs peuvent incliner en faveur de cette rumeur persistante du village:

 

Ils sont végétariens! Vegeta-quoi? C'est une maladie?? Ce mot n'est pas encore connu ici et les autorités nationales pensent le mettre dans le dictionnaire pour 2052, quand la population sera prête à accepter la chose sans faire une révolution. Dans un pays ou le barbecue se fait 6 jours par semaine (il y a en effet un jour de la semaine ou ils cuisent leur viande au four, ils sont comme ça les Argentins, ils aiment varier!), être végétarien est plus que bizarre!

D'autant plus que quand je parle de barbecue, ne voyez pas la p'tite vinegraitte, la salade, les tomates, les concombres et autres saloperies juste bonnes a donner à des ruminants... Non, non, non, juste un kilo de bidoche par personne avec du sel, du poivre et de l'ail.

Imaginez-vous donc des mougneux d'racines, de carottes et autres mauvaises herbes au milieu des carnassiers qui bouffent une vache par repas!!

 

La Finca est également pour ainsi dire un folklorique bordel. Des constructions à base de branches, de boues, de bouteilles, de portières de voitures... du métal qui traîne partout... un attrape-rêve a l'entrée de la Finca... une jungle de mauvaises herbes et plein d'étrangers habillés comme des bitniks qui font du stop pour aller au village.

 

Enfin, ils font de la culture bio. Quand on regarde les autres vergers, on se dit que ce mot sera dans le dictionnaire en même temps que le mot 'végétarien' (en 2052 pour ceux qui suivent pas)... De quoi laisser quelques belles années de pollution massive dans notre monde trop propre. Donc forcément, la comparaison entre un homme et un pulvérisateur pour 150 hectares de plantation et 8 youkouleles pied-nu qui nettoient un hectare de potager a la rasette... le cote retro-bete de somme a de quoi effrayer.

Aucun produit n'est utilisé et ils sont arrivé à obtenir une micro-faune et flore qui régule (plus ou moins) les problèmes de maladies et d'insectes... Pour les mauvaises herbes, ils ont les volontaires!!!

Pas évident d'ailleurs d'arracher les crasses ici; ils bouffent de tout! Chaque fois que j'en arrache une, j'ai l'impression de priver un nécessiteux de sa ration de racines et ça me fend le cœur!!!

La question est: pourquoi ne pas juste manger les mauvaises herbes? Ca pousse tout seul et ça ne craint pas la concurrence des laitues, des choux, des oignons,... Ce serait plus facile!

 

Voila à peu près pourquoi aux yeux du badaud, la Finca est une secte... faut croire que la différence fait peur. Personnellement, j'admire cette famille pour tout ce qu'ils sont et font: leur travail, leur sympathie, leur respect des valeurs de chacun (ou d'absence de valeurs, hé, hé, hé!), leur manière simple et vraie d'aimer la vie et leur art de vivre en auto-suffisance avec leur propre production. En effet, à force de travail, de patience et d'entêtement ils peuvent maintenant parfaitement vivre de ce qu'ils produisent: légumes, fruits, jus, confiture, épices, pain, conserves... et ce qu'ils ne mangent pas, ils le vendent!

 

Petite description succincte de la famille ou je crèche:

Ana est la doyenne de la famille, la mère-supérieure et la chef coc' qui régale nos ventres affamés de délicieux et créatifs plats végétariens. Son esprit est acéré et son verbe juste. Elle se nourrit avec délice des nombreuses histoires d'amour entre les volontaires et ne peut s'empêcher de caser tout le monde. Fort heureusement pour elle, elle peut échafauder des théories romanesques avec son fils Rodrigo car celui-ci a des gênes de commère de village.

Rodrigo avec sa sœur Maria, est le chef des volontaires. Il aime à nous voir suer la bêche à la main... c'est un sadique. Je crois aussi qu'il mange un clown tous les matins; il ne cesse de charrier les volontaires et se retient difficilement de faire un p'tit commentaire sur tout... toujours très fin... tellement fin que généralement, il rigole tout seul. Sinon, il a une forme plus ou moins humaine, juste 1 mètre en moins que les autres, le sourire facile et le cœur à l'ovretche... un bon p'tit hobbit somme toute!

Maria, nettement plus raffinée que son frère (la génétique peut être cruelle!) est un p'tit bout de femme qui a le cœur chantant. Elle a un amoureux en France et quand elle en parle, on se dit que l'amour c'est joli! Elle se lève généralement à 6 heures, mange quelques feuilles de laitues et travaille toute la journée... elle est membrée comme un câble de frein et je ne comprends toujours pas comment elle soulève une houe qui fait deux fois son poids avec tant de vigueur! Malgré une vision différente de la ligne droite dans un potager, la sienne étant un peu plus champêtre, c'est toujours un plaisir de travailler avec elle.

Ignacio, le grand-père, est le roi de la mécanique: quand il répare une voiture, il laisse le volant et il nettoie tout le reste pièce par pièce... L'autre jour je lui ai demandé:' Ignacio, pourquoi tu fais pas directement une neuve?' Et il m'a répondu très sérieusement 'non, non, c'est trop dur'... ???? 'Mais Ignacio, c'est la même chose, y a plus une pièce qu'est avec une autre... il reste le volant et le sapin magique!' Sinon, à part la mécanique, il s'occupe du pain et pendant son temps libre, il me bat aux échecs... Ce sont ses trois gros boulots de la Finca.

Voilà, si vous voulez les connaître un peu plus, je mets leur adresse en lien. (http://www.elperegrinorganico.com)

 

Concernant le système de 'woofing', je vais tout de même mettre un bemole à votre enthousiasme grandissant. Il n'est pas évident de tomber sur des gens sains comme c'est le cas dans cette Finca; il est fort probable que vous allez rencontrer des personnes a qui il manque quelques frites dans le cornet.

En effet, dans certaines Finca, des gens font coucou au soleil le matin, mangent des cailloux le midi parce qu'ils ne veulent pas tuer des plantes sans défenses, vous apprennent à faire la respiration du vent, de la lune et du feu (difficile à croire mais véridique!!), font des bisous aux fleurs avant de les planter (j'ai vu une martienne faire des doudouces à un plant de tomate et frotter sa joue sur le sol pendant une heure... wwouhaouuu... quel orgasme!...heureusement qu'elle est pas payée au rendement!), caressent les arbres en leurs chantant une berceuse, te demandent de raconter tes rêves parce que ça va t'aider à ouvrir tes chacras, se font des embrassades en invoquant la terre-mère nourricière et dansent la macarena à poil un soir de pleine lune en jetant du gros sel dans la boue pour que Pluton et Saturne envoient leur énergie fécondatrice aux plantules de choux de Bruxelles...

Bon, si ça se termine en partouze, pourquoi pas... mais généralement les filles sont plus poilues que Demis Russos et j'ai pas l'équipement pour travailler en foret tropical!! (ho qu'elle est sale celle-là... pardonne ton fils si vulgaire maman, tu as fait tout ce que tu as pu pour m'éduquer!)

 

Donc, ce genre de Woofing, ou t'es dans la bonne fibe's et tu peux vénérer Vijnou avec eux, ou tu rigoles bien un demi-jour et tu te casses vite fait... tout ça pour dire, s-e-l-e-c-t-i-o-n-n-e-z!

Ceci dit, c'est une bonne thérapie pour les gens qui se sentent un peu décalés par rapport au système et qui l'assume mal... Tu fais un camp thérapeutique chez ces allumés là puis tu te sens normal... mais normal!!

 

Voilà mes enfants, je vais à Buenos-Aires dans quelques jours pour rejoindre un rote brusselaire et voyager un peu avec lui... Je ne doute pas un seul instant de sa prédisposition à me fabriquer des histoires salaces sur mesure à vous rédiger... Argentin(s/es), tenez vos slips, deux belges sont lâchés!!!

 

 

Mes amis, je pense fort a vous.

 

 

touille

- Par Touille
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Vendredi 26 octobre 2007
Hola!
 

C’est en étudiant modèle que j’écoule mon mois à Santiago.  Je me suis en effet inscrit dans une école d’español.  L’école Bellavista est plus une grande famille qu’une école à proprement parler; bien-sû, il y a d’une part des étudiants et d’autre part des professeurs mais tout ce joyeux petit monde travaille en parfaite symbiose… A contrario de nos turbulentes années d’études secondaires où le professeur tenait plus lieu de victime que d’être humain. En plus des 4 heures de cours quotidiens, une foultitude d’activités sont organisées: visite de vignoble, bâtiments historiques, classe de conversation et de prononciation, cours de salsa et autres couillonnades… Bref de quoi ne pas mourir idiot ou un peu moins con qu’hier!

Mes adorables mesdemoiselles “chiffre” aiment également sortir, voir des spectacles ou simplement boire un verre et ne ratent pas une occasion de nous y inviter, ce qui donne un p’tit coté décontracté supplémentaire.

Cependant, en classe, elles se métamorphosent en sadiques: elles me flagellent, non sans plaisir, à grands coups de règles grammaticales et me torturent le cortex avec la conjugaison des verbes irréguliers… Quel délice!!... Voyant notre soif d’apprendre inassouvie, celles-ci redoublent de vigueur: gérondif, participe, datifs, passé simple,  CDO, CDI, et tout un joyeux chapelet de masturbation cérébrale.

Glen, mon compagnon de classe, agrémente nos cours d'histoires invraisemblables digne de Calimero lui-même. C'est le "la chèvre" d'Estados-Unidos. S’il y a une merde de chien dans le désert d'Atacama, il va marcher dedans; si tu as une petite bronchite, il surenchérit avec une pneumonie et s’il y a un travesti bien roulé dans une soirée de 3000 moukères, il va l'emballer... Une véritable mine d'or, un parc d'attraction à lui tout seul!

Je termine ce petit pamphlet publicitaire sur l'école en disant que c'est également la moins chère et la SEULE qui t'offre du vrai café et non du nescafé de mierda! Donc, si l'envie d'apprendre l'Espagnole vous titille les connections, c'est la bonne adresse de Santiago (elle est en lien)!

Hormis mes cours d'espingouin, j'erre dans la ville sans vraiment la visiter mais je crois que je peux tout de même donner une définition à peu près correcte de la ville: Polluée, sale, moche, plutôt froide, passablement plus chère que partout ailleurs en Amérique du sud et malgré tout ces quelques travers de taille, attachante. 

Attachant de te réveiller un matin ensoleillé au pied de montagnes gigantesques et enneigées.

Attachant de croiser autant de chiens que d'êtres humains dans les rues. Chiens qui, à mes yeux, pourraient gagner tous les concours de théâtre tant ils ont d'expressions pour quémander une caresse ou un steak de 300 gr... la caresse n'étant que la première étape d'un stratagème vicieux pour te faire craquer!

Attachant les p'tits vendeurs de bonbons à chaque carrefour et dans chaque rue.

Attachant enfin les amoureux des bancs publics qui se font des gros poutous dans les parcs. La chanson de Brassens prend ici tout son sens et je ne peux me promener dans ces espaces verts sans la fredonner. C'est en effet effarent comme tous les gens se grimpent dessus dans les parcs. La plupart devaient être candidat pour tourner dans le "Grand bleu" car ils ont une capacité à se rouler des pelles (à neige) pendant plus de 20 minutes... pour ne parler que des médiocres ou des débutants! Ce sont de véritables bodybuildés de la langue... Si tu cuisines une langue de chilien sauce madère, t'as à bouffer pour quatre! En réalité, les parcs ressemblent plus à des sceaux de dégorgement d´escargots qu`à tout autre chose... je les ai renommé non sans finesse "les parcs à bave". Si tu veux y marcher (ou plutôt y nager) prend des palmes et un tuba, tu profiteras mieux!

Ceci dit, c'est avec délisme que je me mets à la sauce chilienne et échange quelques baisers furtifs avec la gringa hippie made in states... rien de bien tantrique ou kamasutrique mais plutôt la félicitée d'un premier baiser d'adolescent. Pour un instant, j'ai à nouveau 13 ans et les palpitations d'un jeune Casanova en quête de tendresse... Si je rajoute un violon et quelques fleurs bleues, vous allez croire que j'ai viré ma cuti. Nous allons donc en rester là!

 Je passe le reste de mon temps avec Hugues et Anita et espère un jour pouvoir leurs renvoyer l'ascenseur. J'y suis maintenant tellement attaché que j'ai choisi délibérément de passer mes deux dernières nuits au pied de leur lit comme un fidèle toutou! Nous passons de très bons moments ensemble et malgré la promiscuité de la vie à trois dans leur petit appartement, pas une seule fois je ne me suis senti de trop... Cela fait pourtant un mois et demi que je squatte leur salon. Hugo, Anita: de todo mi corazon, muchas muchas gracias por vuestro acogimiento!

Il est à noter aussi que les cours de diabolo que j'ai prodigué à Hugo et l'aide technique de la directrice artistique (Anita) ont finalement porté leurs fruits. Hugo, qui sans nous ne serait rien, a en effet gagné un concours important de spectacles de cirque... Plaisanterie à part, félicitation pour ta prestation amigo, c'était parfait!

Ainsi donc, se clôture le chapitre du Chili et c'est non sans un p'tit coup de blues que je quitte mes deux bons amis, mes professeuses et la gringa loca.

Cependant, c'est excité que je vais à Mendoza en Argentine car, avec une chance de cocu, l'occasion m'est donnée de travailler dans une ferme biologique de neo-bitniks baba-cool.

Je vous laisse admirer le ridicule de la chose: se taper plus de 8000 bornes pour cultiver des pommes et des poires... Wouaou, quel changement... tout ce bordel pour finalement en revenir à arracher des saloperies de mauvaises herbes bio-cultivées!!! Bravo Bertrand, t'es un champion!...

 

Enfin, ici, il y a quand même les Andes en plus...

 

Besitos amigos,

El feo del Condroz
- Par Touille
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Jeudi 20 septembre 2007
Oyé, oyé braves lecteurs,

A nouveau desolé pour ce retard de mise à jour du blog! Changement de latitude, changement d'habitude...
Comme beaucoup d'entre vous le savent déjà, j'ai rejoint Hugues et Anita à Santiago. Cependant, commençons par le commencement.
 
Mon départ d'Atlanta n'a rien à voir avec mon arrivée là-bas: tout le monde il est gentil. Ils ont tous bouffé des pillules d'amabilité et de politesse ou ils ont fait un stage intensif de courtoisie appliquée... ou peut-etre tout simplement le service de sécurité américain est content de te voir dégager de leur beau pays... un danger en moins!
Je ne sais trop mais ils me servent tous du "monsieur", du "s'il vous plait" et tout un convoi de jolies formulations... Moi qui étais pret à leur cracher mon nouvel et bel anglais! Enfin, c'est pas plus mal ainsi.
Une histoire"incredible"m'arrive dans l'avion mais l'expliquer nécessite un ptit come-back dans le temps. Nous sommes donc le premier w-e de juillet et je suis à un festival youkoulélé avec mon cousin. Nous prenons une navette. A coté de moi, s'assoit une jolie hyppie qui, je pense, est déjà dans le monde d' "Alice au pays des merveilles"... elle doit etre en train de feter un joyeux non-anniversaire avec des lapins en buvant du thé au milieu des fleurs bleues car elle a l'air super contente! Bref, on a pris le bus 15 minutes ensemble, pas de quoi en faire un roquefort!
Ce festival a lieu à Ithaca, à coté de N-Y. Ensuite, je voyage à Baltimore, en Californie et à nouveau au Tennessee... Plus ou moins 2 mois se passent avant que je ne prenne l'avion à Atlanta, c'est-à-dire à 3000 kilomètres de N-Y. Et qui voilà dans le meme avion que moi?
La jolie hyppie! " Oohhh, it's amazing, incredible et patatati et patata..."
Elle s'appelle Gwen et va étudier 3 mois l'espagnole à Santiago... le monde est petit et plutot bien foutu, trouve-je. Nous échangeons nos mails et promettons de nous revoir... mais ne vous excitez pas lecteurs lubriques: solo como amiga, nada más!
Me voilà donc à Santiago. Le service de sécurité est comme en Belgique, tout le monde les mains dans les poches à discuter le dernier match de football. Je passe sans encombres. Le gros boulot des chiens de flics là-bas, c'est de débusquer qui transporte illégalement du fromage ou du jambon... ou pire, du paté de campagne... Wouhou! Alerte, alerte, menace territorial!
On ne badine pas avec la charcuterie ici. En revanche, si t'as un kilo de cocaine dans ton sac, le chien s'en tamponne comme de sa première couche-culotte... Merveilleux pays!
 
Tout le monde se marre autour de moi, même hugues (faux-frère): Je l'ai joué stéréotype de base, style gros connard de touriste qui a magnifiquement bien préparé son voyage. Ils sont tous avec des cagoules, des écharpes, des gants, des gros pulls et moi, même pas mal, je me les gèle en sandales,short et chemise en lin! Comme quoi, il n'y a pas que des blondes!
Pour supporter le traumatisme du froid, en toute belgitude, Hugues et moi, nous mettons directement à picoler de l'Escudo (bière local) et c'est, non sans émotion, que je retrouve une partie du plat-pays... Nous pouvons parler à grands coups de belgissismes et d'expressions condruziennes... Mes couilles, ké bonheur! (merci cédrock)
J'arrive le w-e et nous nous faisons un devoir de vider le stock nationnal d'Escudo pour fêter mon quart de siècle...  De grâce, chers taximans, ne mettez plus de sapin de pot-pourri dans vos taxis, vous savez maintenant que ca m'insupporte. Honte à moi mais j'ai en effet "discrètement" arraché le sapin magique pour le jeter par la fenetre; ca pue, ca me rend malade... Que vaut-il mieux: la perte d'un sapin puant ou un client malade qui souille un beau taxi tout propre? Non, non, je l'ai fait pour le bien de tout le monde! Il devrait me remercier.
 
Comme Anita travaille la semaine, nous nous occupons autant que faire ce peut: Diabolo, parties d'échec, promenade en ville, glandage (important) et refermentation stomacalle d'Escudo (très important). Le tampax vit, nous sommes déjà le w-e suivant. W-e long, douloureux et difficile.
Nous sommes invités le vendredi chez une amie de Anita; c'est parti pour une nuit blanche avec hugues. Avant de quitter la soirée, nous mettons pleins de bières et d'alcool dans nos poches, ce serait dommage que ca gate! Ensuite, on s'achève dans un bar... quand on en sort, il fait jour et il est plus que temps de prendre notre bus pour Valparaiso. Nous réveillons Anita avec la grâce et la délicatesse due à une dame et elle est quelque peu grognon... Apparement, notre tacte tenait plus du cachalot que du gentleman anglais! Mais comme Anita a un affreux caractère, la chose est bien vite oubliée. Il est à noter aussi que je me suis assoupi 5 pauvres minutes et que j'avais l'impression d'avoir fait une bonne nuit... Décidément, quelle santé!
Valparaiso est une charmante ville cotière classée au patrimoine mondial de l'Unesco... la ville est un joyeux chaos. Les montagnes sont littéralement mangées par un enchevêtrement de ruelles et de bicoques dignent d'un Picasso... Pas une n'est droite, elles s'acrochent bonant-malant aux collines et s'épaulent les unes aux autres pour ne pas choir! L'art mural est également très répandu et les rues deviennent des galeries à ciel ouvert pour les graffeurs... Les vandals de chez nous devraient suivre quelques leçons d'art ici, ca ne ferait pas de tort à nos murs ou gris ou moches.
Se promener, c'est bien sympa mais on crève de soif et c'est sans le vouloir qu'on se retrouve dans le bar le plus typique de la ville... On lie amitié avec les piliers du comptoir qui sont, de part le monde, d'un naturel prolix. L'un deux est un flamand de sint-nicklass (le village de mon grand-père)... Gotferdom, encore une raison de trinquer!!!
Le temps s'écoule aussi vite que le flot de bière qui nous abreuve... on a les dents du fond qui baignent et ils nous faut manger une crasse locale. Pour information, il est à retenir que le mot gastronomie ne veut absolument rien dire ici, ils l'ont remplacé par "cuisine au gras".
Anita nous déniche le resto le plus populaire du coin, on ne peut y manger qu'un plat: le "bistec a lo probe". Savant mélange de frites, viandes au gras et omelette aux oignons... Affamé, on s'en fout plein le groing. La déco est pittoresque: des torpilles pendent au plafond, des jesus parsèment les murs et d'affreuses statuettes égaillent la pièce de-ci de-là... un régal pour les mirettes. Nous avons même droit à un concert d'accordéon... que demande le peuple?
 
On passe ensuite la nuit dans un bar quelconque... A partir d'ici, mes souvenirs sont trop floues que pour etre contés. Je sais seulement qu'il fait jour quand on va se coucher. Trois heures plus tard, frais comme des gardons, nous allons manger des crustacés dans un petit resto sur la côte. On y passe la journée à boire du vin blanc et à manger des moules. On chante, on rit pour rien et on se sent heureux... quel magnifique W-E!
 
Retour à la civilisation dans une capital terne et grise, nous sommes claqués et allons nous coucher de bonne heure... Demain, j'ai école!
 
Bonne nuit les petits...
- Par Touille
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Vendredi 24 août 2007

Par la chèvre, comprenez Julien Clerc, à la voix nasillarde incomparablement proche de nos amis les caprins. Mais, ce n'est pas ce qui nous intéresse, donc: la Californie!!

 

Sable fin, palmiers, stars, culture du body, surfeurs bovidés, femme à traire, argent (trop d'argent), cher (trop cher), life-guards en maillot rouge, bagnole, bateau, etc... A savoir toute la panoplie du rêve américain et des clichés californiens.  Heureusement, il n'y a pas que cela.  On peut également voir beaucoup d'autres choses à condition d'y mettre le prix.

Comme dans tous les états, il y a de nombreux parcs nationaux, tous plus beaux les uns que les autres; ceux-ci se trouvent dans les terres et peuvent vous offrir un très beau panel de paysage.  Du désert à la montagne, en passant par de profonds canyons, d'immenses forets de séquoias et autres joyeusetés... N'ayant rien fait de tout cela (snif!), vous pouvez vous renseigner sur leur site officiel et respectif, ou ils vous feront tous baver d'envie.

Dès lors, une question doit vous brûler les lèvres: Pourquoi, en 3 semaines, n'a-t-il fait que la côte? Et plus exactement, pourquoi juste entre Los Angeles et San Diego (vous ne le saviez pas encore mais j'anticipe)?

Et bien, tas de béotiens analphabètes, pour plusieurs raisons (excusez-moi l'expression... ça doit être la rancœur qui pousse ma plume à écrire de la sorte).

La première, et non des moindres, est l'absence cruelle de voiture.  En matière de transport en commun ils sont toujours à l'âge du silex et pour bouger, tu as besoin d'une auto.  J'aurais pu en louer une pour 200 $ la semaine; ce n'est pas cher certes, mais déjà trop pour moi car je dois encore me sustenter, dormir et boire (sacré budget!)... Donc, qui dit pas de bagnole, ben, dit pas de bagnole (phrase complexe à méditer qq heures avant d'en comprendre toute la porté).

Si je puis vous prodiguer un conseil, ce serait de visiter les States à 4 ou 5.  De la sorte, vous pouvez louer une voiture sans pour autant saigner votre budget et profiter au maximum des milles et une merveilles de ce beau pays... Promis, quand je rentre, j'ouvres une agence!

La deuxième raison est que je connais des gens à Laguna-Beach mais j'y reviendrai plus tard...

Et pour les autres, les voici dans le désordre: un train roule le long de la côte, San-Diego m'attire, j'adore barboter dans la flotte, j'essaie le surf et je passe mon précieux temps à manger, boire et dormir sans me soucier du lendemain... des vacances quoi!

Oublions donc ce que je n'ai pas fait, aurais pu faire ou aurais du faire et concentrons-nous sur ce qui est!!

 

A peine arrive à Los Angeles, je suis pris en charge par Thomas et Alain,  expatriés belges qui ont ouvert un resto belge une fois à Laguna Beach, c'est à dire le Saint-Trop français ou le Knock de chez nous aut'.  Les pauvres, ils n'avaient franchement pas besoin qu'un p'tit belge s'impose chez eux car, en plus du restaurant, pendant les congés outre-atlantique, ils s'improvisent tour opérateur et hôtel des voyageurs!! Ils ne cessent d'accueillir des visiteurs de tous poils: familles, amis, proches et... parasites (là, je parle pour moi). Ils ne me connaissent que très peu: ils ne m'ont jamais vu et savent juste que je suis le frère de Guillaume... Ca fait pas beaucoup pour accueillir quelqu'un avec enthousiasme et bonne humeur... Et pourtant!!

 

Je passe la première semaine chez Thomas qui doit rêver de vacances en solitaire sur une île déserte sans personne pour squatter son garage, sa bagnole, son frigo, ses chocolats, son café, sa femme (euh là, je m'emporte!). Cette semaine se laisse bercer sur un rythme de "j'ai envie de rien foutre" et je m'y applique avec ferveur: je termine "Harry Potter tome 7" (la fin est d'ailleurs très bizarre: Rogue tue Voldemort qui était en réalité une femme, sodomise Hagrid et devient le maître du mal.  Quant à Harry, il meurt bêtement écrasé par un train sur la ligne Jemelle-Thorembais... qui l'eut cru?!), je m'écoute grossir sur la plage, sirote des cocktails, me saoule à la Delirium Tremens et papote avec de gens.

Les gens étant bien souvent des vieux lynx de comptoir... Si ça continue, je vais me recycler gérontophile pour vieux mâles en rut.  Ne me présentez plus des bimbos à gros seins SVP, je ne veux plus que des vieux chaudrons, on y fait des biens meilleures soupes!! Et des qui puent... Et des sans dents... Et avec des croûtes, que le goût soit à la hauteur du fumet!

Frustré et aigri, voila ce que je suis.  En trois semaines, pas une seule moukère ne s'est intéressé à mes charmes condruziens, à ma Belgium-Touch, à mon nez de Dieu inca et à mon accent tellement exotique.  Je vous dirais bien que peu me chaux: ces pétasses siliconées sont juste bonnes à bouffer du foin et en aucun cas, elles ne doivent craindre la méningite... en intellectuel, je pourrais... cependant... Quelle croupe, quels poumons! Ce n'est plus l'homme qui parle, mais la bête penvienne!!  L'instinct supplante littéralement le cerveau!

Malheureusement, cet instinct ne fait de moi ni un guerrier de Venus, ni un piège à hormones, ni un traqueur de gazelles... je ne suis pas un dragueur.  Déjà en français, je préfère le rôle de la proie, alors en anglais. "Femme qui rit, un pied dans l' lit". C'est p't-être vrai en français (quoique); Mais en anglais, essaye de faire rire quand il te faut 10 minutes pour articuler trois mots... Ca, c'est un challenge.

Je m'égare à nouveau... C'est donc une semaine paisible que je passe chez Thomas, il fait tout pour que je me sente bien chez lui et je l'en remercie.  Il a juste un p'tit travers: il n'écoute absolument pas quand tu lui parles. Y s'en fout mais y s'en fout! Même quand il lance un sujet ou te pose une question, neuf fois sur dix tu termines la conversation avec le Ficus à coté de toi... et lorsqu'il n'y a pas de Ficus attentif, et bien tu parles tout seul! les premières fois tu te formalises un peu puis tu apprends, par sa sœur notamment, que c'est normal... Ouf, je ne suis pas devenu subitement complètement inintéressant.

Autre chose amusante, il déteste la plage: il fait chaud, c'est plein de sable qui brûle, y a rien a foutre et il ne veut pas surfer par crainte de perdre des neurones. Sa devise (à chaque fois qu'il pose le pied dans le sable avec un air dégoûte): "le meilleur moment de la plage, c'est quand tu n'y est plus". Ce serait un animal, tu l'abattrais pour abréger ses souffrances!

Ceci dit, pour les surfeurs, il n'a pas tout à fait tort: cette race bovidée sous-développée est atteinte d'une dégénérescence encéphalique drastique.  A chaque chute, il perde un paquet de neurones et on peut reconnaître les professionnels quand ils ne leurs en restent plus que deux. Ils commencent alors à gesticuler entre eux des signes de jeunes cool (un genre de langage babouin sans les cris) et au moment ou leurs deux neurones, libre de mouvement dans leur tête vide, se touchent... Ils parlent!  Pas des phrases complètes ou dignes d'intérêt (le sujet de conversation étant le surf) mais ils se démarquent du babouin et se rapprochent un peu plus de l'homme!!

 

Ensuite, je passe une semaine à San Diego, mon auberge est au cœur de la ville et merveilleusement située juste en face d'un bar ou ils servent la Chimay blanche pour 5 $.  Je suis un très mauvais touriste: je ne fais aucun musée, monument, attraction ou randonnée. Je passe mon temps à déambuler dans la ville: je sieste au balboa park et vais souvent à la plage avec 2 chouettes français de l'auberge qui m'apprennent le surf.  J'ai moi aussi envie de perdre quelques pelletés de neurones; c'est pas grave, j'en ai plein:)!

Mon premier essai est très drôle pour les observateurs.  Il parait que j'ai une manière assez artistique de voler puis de choir comme une merde avant de bouffer la moitie de la plage et les trois-quarts de la vague!!  Je m'applique et, à force de persévérance et de temps, arrive à rester coucher sur ma planche et non dessous... Confort appréciable, je vous l'assure. Je retourne plusieurs fois à la plage et, au final, parvient à rester 10 secondes debout sur ma planche... je dois admettre que c'est plutôt grisant.

Le reste de mon temps à San-Diego se fait la nuit, j'essaye bon nombre de bars et trouve les plus sales, donc les moins chers. Je joue aux échecs avec deux turcs dans un bar miteux, un des deux joue très bien et me bat toute la nuit... Les échecs étant le jeux ou j'accepte le mieux de perdre, tout se passe bien.  Sinon, elles auraient morflé les p'tites tapettes!!  Lors de mes ballades nocturnes, je trouve également un bar ou fumer des chichas. Décidément, cette ville est plaisante et je pense que je pourrais y vivre.

Tijuana, au Mexique, est à un embranchement de trolley.  C'est sale, moche, puant, "dangereux" et mercantile mais je peux maintenant dire que j'ai vu le Mexique, ou du moins, son visage le plus laid!  Tijuana est le grenier à putains des ricains, la ville des excès pour les amerlocks de moins de 21 ans et probablement le cauchemar des Baptistes made in states (église catholique, à mes yeux extrémistes, qui a pas mal de pouvoir)!! J'y suis pour 1/2 jours et une demi-nuit. Pour un ordre de grandeur: la bière est à un dollar, le Tap-dance à 20, la pipe à 40 et la baise à 60 (avec ou sans mayonnaise? Ah, Ah, Ah!).  Le voyageur peut bien sur prendre une formule forfaitaire avantageuse... à discuter!!  Cependant, bois des bières et laisse ton engin dans ton slip, vicieux voyageurs, car la moitie des donzelles s'appellent Roger ou Jean-Claude!

On rigole bien avec mon camarade de viré mais la ville pour adolescent boutonneux en manque d'aventures nous suffit pour une demi-nuit...  retour San Diego.

 

Je repars à nouveau pour une semaine à Laguna Beach chez Alain et sa p’tite famille: Manu, son épouse et Sacha, son gamin de 4 ans. Il a un coté relax ("pépère tranquille" comme il dit) et décontracté qui me convient.  C'est le roi des machos et il concède à la femme que sa principale qualité, c'est de nous les casser!!  J'ai envie de l'appeler "papa" et la pauvre manu n'a franchement pas besoin d'un jeune coq à la maison pour donner du crédit à son sicilien de mari.  Le débat homme-femme alimente et pimente nos soirées et nous valent quelques fou-rires inoubliables.  Manu, ne crois pas tout ce que je dis, je n'en pense pas la moitié.

Nous allons également a la plage ensemble ou nous avons tous les quatres l'occasion de nous essayer au Body-surf. Mon expérience (Hum, Hum!) en matière de surf me permet de slider sur les vagues comme un vrai deux neurones et je dois dire que Manu se débrouille très bien dès la première vague.  Probablement sa sensitivité féminine... ou peut-être la proximité de la femme et du surfeur sur l'échelle de l'évolution, je sais pas (Manu, lectrices et femmes du monde, je m'excuses d'ores et déjà pour ce propos diffamant et de mauvais goût)!! Le petit Sacha doit être un descendant de Poseidon: il se fait retourner par les vagues mais il prend ça avec le sourire et en redemande...  Un vrai poisson.  Quant à Alain, il m'épate.  Il vient d'inventer une technique révolutionnaire pour surfer: il agite ses 4 membres (peut être les 5, j'ai pas fait attention) comme un pantin désarticulé pour se lancer sur la vague et c'est là que ressort son génie, plutôt que de glisser au sommet de celle-ci, il préfère tourbillonner sous la vague avec sa planche!

Il doit être le seul au monde qui sait faire couler une planche, bravo Alain!!

 

P'tit dédicace fleur bleue:  Alain, Manu, Thomas, et tous les autres (Romain, Pol, Sylvaine et Alex, Fernand et Jacques, Thierry, enz...) un tout tout grand merci et j'espère à bientôt!

 

Je retourne maintenant au Tennessee pour 4/5 jours dans ma famille.  Avant, je pourrais vous raconter ma nuit à Hollywood mais ça n'en vaut pas la peine: c'est rempli d'abrutis qui photographient des étoiles sur le trottoir et il y a une énorme pancarte blafarde de motel accroche à la colline ou il est inscrit Hollywood.  Si vous voulez voir des photos, tapez sur internet: www.cretins-hollywood.com", ça doit exister!

J'arrive donc au Tennessee, en transit pour trois heures à Nashville, j'ai l'occasion de tâter des cow-boys dans différents bars de la ville.  La-bas, la terre s'est arrêtée de tourne il y a 50 ans et ils sont toujours bloques sur le King, Johnny Cash (que j'aime bcp) et le country.  Le country, c'est le musette américain avec plein de jolies paroles qui font pleurer les durs à cuir.

C'est un des moments du voyage ou tu voudrais téléporter quelques potes pour jouir du spectacle avec toi: les bars sont remplis d'Elvis, de Crocodile Dundey, de Charles Ingals et de motards...  C'est mon anniversaire avant l'heure, j'ai la larme a l’œil.  Je bois des Budweizer dans mon coin et je ronronne de plaisir!  Exactement le genre d'endroit ou tu me laisse deux semaines et je deviens méconnaissable...  J'aime les gens qui vivent leur style à fond et je me serais probablement très vite travesti en Durango de comptoir!

 

A l'heure ou j'écris, il ne me reste plus qu'un jour avant mon départ pour Santiago de Chili... C'est réellement un nouveau départ et j'imagine y voir des choses bien différentes a vous relater... avec l'objectivité qui me caractérise, bien sur!!

 

 

Chers mougneux d'frit', je vous embrasse

 

Le laid
- Par Touille
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Samedi 11 août 2007
Me voilà donc à Baltimore, pour très peu de temps, puisque, mon bagage retrouvé (ouf!), je pars immédiatement à Ithaca pendant 1 semaine chez mon cousin.
Belle petite ville estudiantine à caractère universitaire, entourée de monts et de vaux, et jalonnée par de nombreuses cascades... Ca me plait!

Enfin du sang neuf, mon cousin aime à picoler et c'est un regal de l'accompagner. Ceci, bien sûr, dans le seul et unique but de ne pas être grossier et de m'accoutumer au mieux aux moeurs locales... Un maître mot: adaptation!
Heureusement, mes quelques bases en égrainage de bars, concours de vocalises en état d'hébriété et proses acerbes aux limites du correct m'ont beaucoup aidés à garder la tête hors de l'eau!! Cette semaine s'est donc deroulée sans anicroches: Bowling appelezmoi-Leduc-.JPG (You can call me "The dude"), cinéma, promenade, café, billard, resto et... (roulement de tambours)... festival!
 


D'après mes sources, gros festival post John Lennon et autres Yukulélés avec permission de braver bon nombre d'interdits. L'amertume de mon absence aux festivals Belges se fait déjà plus douce... Je vais enfin pouvoir réhydrater mon gosier déssèché depuis maintenant presque 2 mois... Bien sûr, je ne vous parle pas de la p'tite soif journalière que j'entretiens au mieux... non, non, non,!!!  C'est la grande, grande soif et à la manière du dromadaire, je vais boire en une fois ce que je devrais ingurgiter en un mois... Trouverais-je jamais autre oasis aux States?  J'en doute, so let's go!
Leur ééénnoooorme festival s'avère être une jolie kermesse de village mais le détour en vaut la peine.  Je succombe à ma p'tite faiblesse: la chasse aux briscards!... Il est certain que pour dormir confortablement sur une pulpeuse naiade, ce sport n'est pas recommandé mais c'est ma drogue à moi!
Je crois, en toute modestie, que je suis tombé sur le roi des rednecks, le prince des briscards, le parrain des barlocks; je l'ai surnommé "Carlos" en rappel du gros trublion français!! Il ne lui manque que la salopette et la finesse de l'humour. Carlos-laisse-tomber-la-salopette-.JPG
Comme à chaque fois, au début, on se moque gentillement, puis on s'y attache et on finit joyeusement déglingué.  On s'offre des p'tits présents: je lui donne à boire et il me propose de manger avec eux.  Sa femme est fine cuisinière et sa cuisine est... magique.
aaahhh---enfin-.JPG En plein milieu de la nuit, on s'effondre dans la Merco du cousin... Son épouse doit venir nous chercher et, mon cousin étant inanimé, je dois lui expliquer la route par téléphone... facile pour moi, je suis à l'état d'épave et je pense que même en français, une personne à jeun ne pourrait me décripter!  Elle trouve le chemin... Y a un bon dieu pour les saoulards.
C'en est fini du festival: bref mais intense!!
 
Après cette chouette semaine, je retourne chez mon oncle et ma tante qui ont le sens de l'accueil: ballades, découvertes pédestres et gustatives (à ce sujet, le vieux préjugé qui veut que l'on mange mal aux States est à proscrire; on peut mal manger mais contrairement à l'Irelande ou à sa rivale gastronomique l'Angleterre, on peut également bien manger!), visite de musées, sport, etc... André et Linda, si vous me lisez: un tout tout grand merci!
 
Fini Nord-Est, bonjour Californie. Je vais à Laguna Bitch (beach... excusez mon lapsus!) et j'espère trouver de quoi m'occuper!
 
Mais c'est déjà une autre histoire...
 
Bises à toutes et à tous (pour garder ce coté homosexuel belge)
- Par Touille
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Jeudi 26 juillet 2007
Fini le Tennessee: au revoir montagnes boisées et vallons verdoyants, terminé apéros prolongés et engraissement volontaire avec le grand-père et enfin adieu délicieuses rouquines aux formes alterophiliennes!

 

Je pars à Baltimore, près de Washington, chez oncle André et Tante Linda.  Moyen de transport:  le bus... conçu pour les pauvres, à savoir en majorité pour les Noirs et les Mexicains, ce transport est forcément dangereux!!
Personne ne l'a pris, mais tous les gens qui apprennent que je pars en bus me fixent avec un affreux mélange de tendresse et de compassion... voir de pitié... "Pauvre garçon, c'est peut-être la dernière fois que l'on voit son visage angélique!"
Forcément, je ne les écoute pas, les gens ont peur de ce qu'ils ne connaissent pas et en matière de rumeurs, les states sont fortiches.  Selon eux, j'allais me faire désanusser par un ours en manque dans la montagne; maintenant, dans le bus, je souffrirai sûrement mille et un supplices dont le moins douloureux serait l'écartèlement et la cuisson de mes testicules façon du chef!!

Aventurier de l'extrême je m'assois dans le bus au milieu de quatre charmantes mamys à l'air redoutable... Je crois que je peux dormir tranquille.
Tout se passe bien, simple petit désagrément à l'arrivée, ils ont perdu mon sac au dernier changement de bus... "C'est pas grave les gars, c'est juste ma maison pour un an !"... Etrange sensation que de se sentir comme une tortue sans carapace.
Celui-ci voyagera comme un grand entre N-Y city et Washington pendant 2 jours... 2 jours à stresser et à m'en vouloir...
En effet, c'est un petit peu de ma faute!

Explication (longue, laborieuse et romancée mais nécessaire!):

Après de nombreuses heures de voyage le chauffeur s'arrête à Washington et signale un nouveau changement de bus pour Baltimore, on doit se rendre porte 9.  Mon ticket me dit que je ne dois pas changer de bus donc j'interroge le chauffeur; il me répète que je dois aller porte 9...  Je vais donc près du bagagiste pour prendre mon sac, mais, celui-ci me dit qu'il doit rester là car le bus va à Baltimore...????...
Ce doit être un jeu, une vieille blague entre le bagagiste et le pilote: je dois trouver l'incompétent des deux... A 4h du mat', c'est très drôle!
C'est de bonne humeur que je fais des aller-retour entre les deux comiques pour trouver l'imposteur.  Que c'est amusant, je parle franglais, je vais peut-être rater mon bus, perdre mon bagage ou me retrouver à Patacouille!  Je décide d'organiser, contre leur gré, un petit meeting pour qu'ils se mettent d'accord sur la couleur du crottin...
Ca y est, ils sont d'accord, le chauffeur avait tort (le fourbe), il me donne un ticket puis m'emmène jusqu'a un autre bus.
Là, le nouveau chauffeur me certifie que tout va bien: simplement, mon bagage va à Baltimore avec un bus et moi avec un autre.
C'est logique, pourquoi faire simple quand on peut faire complique! C'est à ce moment précis que je commets mon erreur d'appréciation, je suis le grand loser du jeux.
C'était une conspiration orchestrée par ces 3 traîtres, certainement engagés par une société de transport rivale!...
La bonne réaction aurait été de pèter un scandale pour voyager avec mon sac, mais je me suis laissé bercer par leurs paroles réconfortantes et j'ai baissé ma garde.

Les enfants, retenez que Jamais au grand Jamais vous ne devez vous séparer de votre valise même en terre dite civilisée!!

Finalement, tout est rentre dans l'ordre.  Oncle André et moi-même avons trouvé une personne compétente à Baltimore, probablement un contre-espion spécialisé en dépistage de sabotage.
Le bougre connaît son métier et me rend mon "précieux" sain et sauf...  Je ne sais pas ce qu'il est advenu des saboteurs!
En tant qu'étranger, je ne peux comprendre tous les rouages d'une guerre sombre et sournoise comme celle-ci!!


Bien à vous,

La victime

- Par Touille
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Mardi 10 juillet 2007
Mercredi 27/06:

Je me lève et je souffre; je sais que la journée va être dure... Je dois grimper sur la "Thunderhead Mountain". Elle a un nom qui pue le sommet!!
J'ai confirmation de cette sombre pensée par des trekkers venant du sud: 2km de montagne russe, 7km de côte ardue avec vue époustouflante au sommet, descente de 2km jusqu'à "Spence Field" (shelter qui n'est pas le mien) et enfin, re-5km de montagne russe pour arriver à mon dodo!! Si des gonzesses peuvent faire 30 bornes, ce n'est pas 16 petits km qui vont m'impressionner!
Je donne tout et j'arrive tant bien que mal au sommet, j'ai bu 5L de flotte et en ai probablement sué 10... Pour la vue époustouflante, mon cul! Je suis cerné de rhododendron et je dois escalader un rocher pour prendre une malheureuse photo de montagnes nappées de brouillard...
Une jolie tonalité de gris, belle récompense!!
Je vous dirais bien que je poursuis ma route en sautant de rocher en rocher tel un gracieux caprin mais il n'en est rien: l'effort fourni pour grimper ainsi que le petit arrêt me laissent les jambes tremblantes et bourrées d'acide lactique!!
Heureusement, ma rencontre fortuite avec un gros serpent sommeillant à 2m de moi me donne le coup de fouet nécessaire pour atteindre le shelter.
Je n'ai pas pris la peine de lui demander son nom ni de faire une photo; ils ont le sommeil léger, l'humeur délicate et quand tu les réveilles, ça mort!!
Le shelter est beau et il y a de l'eau en abondance, ce n'est cependant pas le bon.
J'ai encore 5km pour arriver au mien... Je pense que je crèverai avant! Mon sac me fait trop mal, on pourrait cuire un oeuf sur la plante de mes pieds et quelqu'un m'annonce qu'il n'y a pas d'eau là ou je vais!!
Ma décision est prise: je ne suis pas un trappeur ni un surhomme, je marche comme un canard sur un lac gelé (c'est une image!), j'ai faim, j'ai soif et je me sens bien dans ce shelter ci... Donc j'y reste. Bonne nuit!

Jeudi 28/06:


Je vais mieux, je déjeune à mon aise et me prépare tranquillement pour ma dernière marche: un petit 10km de descente jusqu'à la civilisation.
Il fait très chaud, je croise beaucoup de gens qui débutent leur trip, dont un groupe de 8-10 jeunes de 14-15 ans avec une animatrice. Ils sont chargés comme des baudets, n'ont pas de sticks de marche et ont déjà l'air crevés... Ils vont en chier.
Quel sentiment de puissance quand tu croises tous ces novices: je bombe le torse, redresse les épaules, prends l'attitude de l'homme qui a vu et qui sait... je fais même des blagues sur les ours!! ah, ah, ah... ça y est, je suis trappeur.
Maintenant qu'ils croient tous que j'habite là-haut, je leur crie gaiement: "Je vais juste faire mes courses et je reviens... n'embêtez pas les ours et ne m'attendez pas pour souper les jeunes, j'me f'rai une brochette de serpent en route!! Ah, ah, ah!!"
Vous l'aurez compris, c'est joyeux que je descends la montagne. D'autant plus que je ne suis pas tout seul!
Trois charmantes demoiselles m'accompagnent du début a la fin. Reconnaissant en moi le mâle viril de leur rêve à la puissante odeur attractive, ces trois jolies mouches ne cessent de me dévisager et de me caliner... J'y suis très attaché et leurs parle affectueusement!
2 Miles avant d'arriver, je fatigue à nouveau. Descendre, ça va vite mais c'est fatiguant pour les guibolles ("parooole, parooole,...").
Quand soudain, j'entends un gros "GROAAR!!" un peu plus haut à gauche... le p'tit comique de tout à l'heure est en train de se déféquer dessus, je ne suis plus fatigué du tout et je trace... il parait que les ours noirs n'ont pas beaucoup de conversation et ne vont jamais chez le manucure!!

Dernière petite anecdote:
Je signale la présence d'un ours non loin à un autre promeneur venant en sens inverse et celui-ci me rétorque: "Are you sure?" ... ?!?! (court moment de reflexion) ...
Moi: "Non, non connard, maintenant que tu me le dis, c'était p't'être bien un poussin... mais avec une grosse voix!!! Fais gaffe à toi, il a sûrement faim... IDIOT!"


FIN


Voilà, c'était très bien. Retour maison: mon grand-père doit rouler les quatres fenêtres ouvertes tellement je pue, mes mouches m'ont abandonné pour un autre trappeur (toutes les mêmes!), j'ai 10-12 cloches par pied dont trois sous les ongles (hé oui, ça existe) et je vais pouvoir boire une bonne bière... Après ma douche, of course!!


Bises à tous.
- Par Touille
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