Vendredi 24 août 2007

Par la chèvre, comprenez Julien Clerc, à la voix nasillarde incomparablement proche de nos amis les caprins. Mais, ce n'est pas ce qui nous intéresse, donc: la Californie!!

 

Sable fin, palmiers, stars, culture du body, surfeurs bovidés, femme à traire, argent (trop d'argent), cher (trop cher), life-guards en maillot rouge, bagnole, bateau, etc... A savoir toute la panoplie du rêve américain et des clichés californiens.  Heureusement, il n'y a pas que cela.  On peut également voir beaucoup d'autres choses à condition d'y mettre le prix.

Comme dans tous les états, il y a de nombreux parcs nationaux, tous plus beaux les uns que les autres; ceux-ci se trouvent dans les terres et peuvent vous offrir un très beau panel de paysage.  Du désert à la montagne, en passant par de profonds canyons, d'immenses forets de séquoias et autres joyeusetés... N'ayant rien fait de tout cela (snif!), vous pouvez vous renseigner sur leur site officiel et respectif, ou ils vous feront tous baver d'envie.

Dès lors, une question doit vous brûler les lèvres: Pourquoi, en 3 semaines, n'a-t-il fait que la côte? Et plus exactement, pourquoi juste entre Los Angeles et San Diego (vous ne le saviez pas encore mais j'anticipe)?

Et bien, tas de béotiens analphabètes, pour plusieurs raisons (excusez-moi l'expression... ça doit être la rancœur qui pousse ma plume à écrire de la sorte).

La première, et non des moindres, est l'absence cruelle de voiture.  En matière de transport en commun ils sont toujours à l'âge du silex et pour bouger, tu as besoin d'une auto.  J'aurais pu en louer une pour 200 $ la semaine; ce n'est pas cher certes, mais déjà trop pour moi car je dois encore me sustenter, dormir et boire (sacré budget!)... Donc, qui dit pas de bagnole, ben, dit pas de bagnole (phrase complexe à méditer qq heures avant d'en comprendre toute la porté).

Si je puis vous prodiguer un conseil, ce serait de visiter les States à 4 ou 5.  De la sorte, vous pouvez louer une voiture sans pour autant saigner votre budget et profiter au maximum des milles et une merveilles de ce beau pays... Promis, quand je rentre, j'ouvres une agence!

La deuxième raison est que je connais des gens à Laguna-Beach mais j'y reviendrai plus tard...

Et pour les autres, les voici dans le désordre: un train roule le long de la côte, San-Diego m'attire, j'adore barboter dans la flotte, j'essaie le surf et je passe mon précieux temps à manger, boire et dormir sans me soucier du lendemain... des vacances quoi!

Oublions donc ce que je n'ai pas fait, aurais pu faire ou aurais du faire et concentrons-nous sur ce qui est!!

 

A peine arrive à Los Angeles, je suis pris en charge par Thomas et Alain,  expatriés belges qui ont ouvert un resto belge une fois à Laguna Beach, c'est à dire le Saint-Trop français ou le Knock de chez nous aut'.  Les pauvres, ils n'avaient franchement pas besoin qu'un p'tit belge s'impose chez eux car, en plus du restaurant, pendant les congés outre-atlantique, ils s'improvisent tour opérateur et hôtel des voyageurs!! Ils ne cessent d'accueillir des visiteurs de tous poils: familles, amis, proches et... parasites (là, je parle pour moi). Ils ne me connaissent que très peu: ils ne m'ont jamais vu et savent juste que je suis le frère de Guillaume... Ca fait pas beaucoup pour accueillir quelqu'un avec enthousiasme et bonne humeur... Et pourtant!!

 

Je passe la première semaine chez Thomas qui doit rêver de vacances en solitaire sur une île déserte sans personne pour squatter son garage, sa bagnole, son frigo, ses chocolats, son café, sa femme (euh là, je m'emporte!). Cette semaine se laisse bercer sur un rythme de "j'ai envie de rien foutre" et je m'y applique avec ferveur: je termine "Harry Potter tome 7" (la fin est d'ailleurs très bizarre: Rogue tue Voldemort qui était en réalité une femme, sodomise Hagrid et devient le maître du mal.  Quant à Harry, il meurt bêtement écrasé par un train sur la ligne Jemelle-Thorembais... qui l'eut cru?!), je m'écoute grossir sur la plage, sirote des cocktails, me saoule à la Delirium Tremens et papote avec de gens.

Les gens étant bien souvent des vieux lynx de comptoir... Si ça continue, je vais me recycler gérontophile pour vieux mâles en rut.  Ne me présentez plus des bimbos à gros seins SVP, je ne veux plus que des vieux chaudrons, on y fait des biens meilleures soupes!! Et des qui puent... Et des sans dents... Et avec des croûtes, que le goût soit à la hauteur du fumet!

Frustré et aigri, voila ce que je suis.  En trois semaines, pas une seule moukère ne s'est intéressé à mes charmes condruziens, à ma Belgium-Touch, à mon nez de Dieu inca et à mon accent tellement exotique.  Je vous dirais bien que peu me chaux: ces pétasses siliconées sont juste bonnes à bouffer du foin et en aucun cas, elles ne doivent craindre la méningite... en intellectuel, je pourrais... cependant... Quelle croupe, quels poumons! Ce n'est plus l'homme qui parle, mais la bête penvienne!!  L'instinct supplante littéralement le cerveau!

Malheureusement, cet instinct ne fait de moi ni un guerrier de Venus, ni un piège à hormones, ni un traqueur de gazelles... je ne suis pas un dragueur.  Déjà en français, je préfère le rôle de la proie, alors en anglais. "Femme qui rit, un pied dans l' lit". C'est p't-être vrai en français (quoique); Mais en anglais, essaye de faire rire quand il te faut 10 minutes pour articuler trois mots... Ca, c'est un challenge.

Je m'égare à nouveau... C'est donc une semaine paisible que je passe chez Thomas, il fait tout pour que je me sente bien chez lui et je l'en remercie.  Il a juste un p'tit travers: il n'écoute absolument pas quand tu lui parles. Y s'en fout mais y s'en fout! Même quand il lance un sujet ou te pose une question, neuf fois sur dix tu termines la conversation avec le Ficus à coté de toi... et lorsqu'il n'y a pas de Ficus attentif, et bien tu parles tout seul! les premières fois tu te formalises un peu puis tu apprends, par sa sœur notamment, que c'est normal... Ouf, je ne suis pas devenu subitement complètement inintéressant.

Autre chose amusante, il déteste la plage: il fait chaud, c'est plein de sable qui brûle, y a rien a foutre et il ne veut pas surfer par crainte de perdre des neurones. Sa devise (à chaque fois qu'il pose le pied dans le sable avec un air dégoûte): "le meilleur moment de la plage, c'est quand tu n'y est plus". Ce serait un animal, tu l'abattrais pour abréger ses souffrances!

Ceci dit, pour les surfeurs, il n'a pas tout à fait tort: cette race bovidée sous-développée est atteinte d'une dégénérescence encéphalique drastique.  A chaque chute, il perde un paquet de neurones et on peut reconnaître les professionnels quand ils ne leurs en restent plus que deux. Ils commencent alors à gesticuler entre eux des signes de jeunes cool (un genre de langage babouin sans les cris) et au moment ou leurs deux neurones, libre de mouvement dans leur tête vide, se touchent... Ils parlent!  Pas des phrases complètes ou dignes d'intérêt (le sujet de conversation étant le surf) mais ils se démarquent du babouin et se rapprochent un peu plus de l'homme!!

 

Ensuite, je passe une semaine à San Diego, mon auberge est au cœur de la ville et merveilleusement située juste en face d'un bar ou ils servent la Chimay blanche pour 5 $.  Je suis un très mauvais touriste: je ne fais aucun musée, monument, attraction ou randonnée. Je passe mon temps à déambuler dans la ville: je sieste au balboa park et vais souvent à la plage avec 2 chouettes français de l'auberge qui m'apprennent le surf.  J'ai moi aussi envie de perdre quelques pelletés de neurones; c'est pas grave, j'en ai plein:)!

Mon premier essai est très drôle pour les observateurs.  Il parait que j'ai une manière assez artistique de voler puis de choir comme une merde avant de bouffer la moitie de la plage et les trois-quarts de la vague!!  Je m'applique et, à force de persévérance et de temps, arrive à rester coucher sur ma planche et non dessous... Confort appréciable, je vous l'assure. Je retourne plusieurs fois à la plage et, au final, parvient à rester 10 secondes debout sur ma planche... je dois admettre que c'est plutôt grisant.

Le reste de mon temps à San-Diego se fait la nuit, j'essaye bon nombre de bars et trouve les plus sales, donc les moins chers. Je joue aux échecs avec deux turcs dans un bar miteux, un des deux joue très bien et me bat toute la nuit... Les échecs étant le jeux ou j'accepte le mieux de perdre, tout se passe bien.  Sinon, elles auraient morflé les p'tites tapettes!!  Lors de mes ballades nocturnes, je trouve également un bar ou fumer des chichas. Décidément, cette ville est plaisante et je pense que je pourrais y vivre.

Tijuana, au Mexique, est à un embranchement de trolley.  C'est sale, moche, puant, "dangereux" et mercantile mais je peux maintenant dire que j'ai vu le Mexique, ou du moins, son visage le plus laid!  Tijuana est le grenier à putains des ricains, la ville des excès pour les amerlocks de moins de 21 ans et probablement le cauchemar des Baptistes made in states (église catholique, à mes yeux extrémistes, qui a pas mal de pouvoir)!! J'y suis pour 1/2 jours et une demi-nuit. Pour un ordre de grandeur: la bière est à un dollar, le Tap-dance à 20, la pipe à 40 et la baise à 60 (avec ou sans mayonnaise? Ah, Ah, Ah!).  Le voyageur peut bien sur prendre une formule forfaitaire avantageuse... à discuter!!  Cependant, bois des bières et laisse ton engin dans ton slip, vicieux voyageurs, car la moitie des donzelles s'appellent Roger ou Jean-Claude!

On rigole bien avec mon camarade de viré mais la ville pour adolescent boutonneux en manque d'aventures nous suffit pour une demi-nuit...  retour San Diego.

 

Je repars à nouveau pour une semaine à Laguna Beach chez Alain et sa p’tite famille: Manu, son épouse et Sacha, son gamin de 4 ans. Il a un coté relax ("pépère tranquille" comme il dit) et décontracté qui me convient.  C'est le roi des machos et il concède à la femme que sa principale qualité, c'est de nous les casser!!  J'ai envie de l'appeler "papa" et la pauvre manu n'a franchement pas besoin d'un jeune coq à la maison pour donner du crédit à son sicilien de mari.  Le débat homme-femme alimente et pimente nos soirées et nous valent quelques fou-rires inoubliables.  Manu, ne crois pas tout ce que je dis, je n'en pense pas la moitié.

Nous allons également a la plage ensemble ou nous avons tous les quatres l'occasion de nous essayer au Body-surf. Mon expérience (Hum, Hum!) en matière de surf me permet de slider sur les vagues comme un vrai deux neurones et je dois dire que Manu se débrouille très bien dès la première vague.  Probablement sa sensitivité féminine... ou peut-être la proximité de la femme et du surfeur sur l'échelle de l'évolution, je sais pas (Manu, lectrices et femmes du monde, je m'excuses d'ores et déjà pour ce propos diffamant et de mauvais goût)!! Le petit Sacha doit être un descendant de Poseidon: il se fait retourner par les vagues mais il prend ça avec le sourire et en redemande...  Un vrai poisson.  Quant à Alain, il m'épate.  Il vient d'inventer une technique révolutionnaire pour surfer: il agite ses 4 membres (peut être les 5, j'ai pas fait attention) comme un pantin désarticulé pour se lancer sur la vague et c'est là que ressort son génie, plutôt que de glisser au sommet de celle-ci, il préfère tourbillonner sous la vague avec sa planche!

Il doit être le seul au monde qui sait faire couler une planche, bravo Alain!!

 

P'tit dédicace fleur bleue:  Alain, Manu, Thomas, et tous les autres (Romain, Pol, Sylvaine et Alex, Fernand et Jacques, Thierry, enz...) un tout tout grand merci et j'espère à bientôt!

 

Je retourne maintenant au Tennessee pour 4/5 jours dans ma famille.  Avant, je pourrais vous raconter ma nuit à Hollywood mais ça n'en vaut pas la peine: c'est rempli d'abrutis qui photographient des étoiles sur le trottoir et il y a une énorme pancarte blafarde de motel accroche à la colline ou il est inscrit Hollywood.  Si vous voulez voir des photos, tapez sur internet: www.cretins-hollywood.com", ça doit exister!

J'arrive donc au Tennessee, en transit pour trois heures à Nashville, j'ai l'occasion de tâter des cow-boys dans différents bars de la ville.  La-bas, la terre s'est arrêtée de tourne il y a 50 ans et ils sont toujours bloques sur le King, Johnny Cash (que j'aime bcp) et le country.  Le country, c'est le musette américain avec plein de jolies paroles qui font pleurer les durs à cuir.

C'est un des moments du voyage ou tu voudrais téléporter quelques potes pour jouir du spectacle avec toi: les bars sont remplis d'Elvis, de Crocodile Dundey, de Charles Ingals et de motards...  C'est mon anniversaire avant l'heure, j'ai la larme a l’œil.  Je bois des Budweizer dans mon coin et je ronronne de plaisir!  Exactement le genre d'endroit ou tu me laisse deux semaines et je deviens méconnaissable...  J'aime les gens qui vivent leur style à fond et je me serais probablement très vite travesti en Durango de comptoir!

 

A l'heure ou j'écris, il ne me reste plus qu'un jour avant mon départ pour Santiago de Chili... C'est réellement un nouveau départ et j'imagine y voir des choses bien différentes a vous relater... avec l'objectivité qui me caractérise, bien sur!!

 

 

Chers mougneux d'frit', je vous embrasse

 

Le laid
- Par Touille
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