Jeudi 20 septembre 2007
Oyé, oyé braves lecteurs,

A nouveau desolé pour ce retard de mise à jour du blog! Changement de latitude, changement d'habitude...
Comme beaucoup d'entre vous le savent déjà, j'ai rejoint Hugues et Anita à Santiago. Cependant, commençons par le commencement.
 
Mon départ d'Atlanta n'a rien à voir avec mon arrivée là-bas: tout le monde il est gentil. Ils ont tous bouffé des pillules d'amabilité et de politesse ou ils ont fait un stage intensif de courtoisie appliquée... ou peut-etre tout simplement le service de sécurité américain est content de te voir dégager de leur beau pays... un danger en moins!
Je ne sais trop mais ils me servent tous du "monsieur", du "s'il vous plait" et tout un convoi de jolies formulations... Moi qui étais pret à leur cracher mon nouvel et bel anglais! Enfin, c'est pas plus mal ainsi.
Une histoire"incredible"m'arrive dans l'avion mais l'expliquer nécessite un ptit come-back dans le temps. Nous sommes donc le premier w-e de juillet et je suis à un festival youkoulélé avec mon cousin. Nous prenons une navette. A coté de moi, s'assoit une jolie hyppie qui, je pense, est déjà dans le monde d' "Alice au pays des merveilles"... elle doit etre en train de feter un joyeux non-anniversaire avec des lapins en buvant du thé au milieu des fleurs bleues car elle a l'air super contente! Bref, on a pris le bus 15 minutes ensemble, pas de quoi en faire un roquefort!
Ce festival a lieu à Ithaca, à coté de N-Y. Ensuite, je voyage à Baltimore, en Californie et à nouveau au Tennessee... Plus ou moins 2 mois se passent avant que je ne prenne l'avion à Atlanta, c'est-à-dire à 3000 kilomètres de N-Y. Et qui voilà dans le meme avion que moi?
La jolie hyppie! " Oohhh, it's amazing, incredible et patatati et patata..."
Elle s'appelle Gwen et va étudier 3 mois l'espagnole à Santiago... le monde est petit et plutot bien foutu, trouve-je. Nous échangeons nos mails et promettons de nous revoir... mais ne vous excitez pas lecteurs lubriques: solo como amiga, nada más!
Me voilà donc à Santiago. Le service de sécurité est comme en Belgique, tout le monde les mains dans les poches à discuter le dernier match de football. Je passe sans encombres. Le gros boulot des chiens de flics là-bas, c'est de débusquer qui transporte illégalement du fromage ou du jambon... ou pire, du paté de campagne... Wouhou! Alerte, alerte, menace territorial!
On ne badine pas avec la charcuterie ici. En revanche, si t'as un kilo de cocaine dans ton sac, le chien s'en tamponne comme de sa première couche-culotte... Merveilleux pays!
 
Tout le monde se marre autour de moi, même hugues (faux-frère): Je l'ai joué stéréotype de base, style gros connard de touriste qui a magnifiquement bien préparé son voyage. Ils sont tous avec des cagoules, des écharpes, des gants, des gros pulls et moi, même pas mal, je me les gèle en sandales,short et chemise en lin! Comme quoi, il n'y a pas que des blondes!
Pour supporter le traumatisme du froid, en toute belgitude, Hugues et moi, nous mettons directement à picoler de l'Escudo (bière local) et c'est, non sans émotion, que je retrouve une partie du plat-pays... Nous pouvons parler à grands coups de belgissismes et d'expressions condruziennes... Mes couilles, ké bonheur! (merci cédrock)
J'arrive le w-e et nous nous faisons un devoir de vider le stock nationnal d'Escudo pour fêter mon quart de siècle...  De grâce, chers taximans, ne mettez plus de sapin de pot-pourri dans vos taxis, vous savez maintenant que ca m'insupporte. Honte à moi mais j'ai en effet "discrètement" arraché le sapin magique pour le jeter par la fenetre; ca pue, ca me rend malade... Que vaut-il mieux: la perte d'un sapin puant ou un client malade qui souille un beau taxi tout propre? Non, non, je l'ai fait pour le bien de tout le monde! Il devrait me remercier.
 
Comme Anita travaille la semaine, nous nous occupons autant que faire ce peut: Diabolo, parties d'échec, promenade en ville, glandage (important) et refermentation stomacalle d'Escudo (très important). Le tampax vit, nous sommes déjà le w-e suivant. W-e long, douloureux et difficile.
Nous sommes invités le vendredi chez une amie de Anita; c'est parti pour une nuit blanche avec hugues. Avant de quitter la soirée, nous mettons pleins de bières et d'alcool dans nos poches, ce serait dommage que ca gate! Ensuite, on s'achève dans un bar... quand on en sort, il fait jour et il est plus que temps de prendre notre bus pour Valparaiso. Nous réveillons Anita avec la grâce et la délicatesse due à une dame et elle est quelque peu grognon... Apparement, notre tacte tenait plus du cachalot que du gentleman anglais! Mais comme Anita a un affreux caractère, la chose est bien vite oubliée. Il est à noter aussi que je me suis assoupi 5 pauvres minutes et que j'avais l'impression d'avoir fait une bonne nuit... Décidément, quelle santé!
Valparaiso est une charmante ville cotière classée au patrimoine mondial de l'Unesco... la ville est un joyeux chaos. Les montagnes sont littéralement mangées par un enchevêtrement de ruelles et de bicoques dignent d'un Picasso... Pas une n'est droite, elles s'acrochent bonant-malant aux collines et s'épaulent les unes aux autres pour ne pas choir! L'art mural est également très répandu et les rues deviennent des galeries à ciel ouvert pour les graffeurs... Les vandals de chez nous devraient suivre quelques leçons d'art ici, ca ne ferait pas de tort à nos murs ou gris ou moches.
Se promener, c'est bien sympa mais on crève de soif et c'est sans le vouloir qu'on se retrouve dans le bar le plus typique de la ville... On lie amitié avec les piliers du comptoir qui sont, de part le monde, d'un naturel prolix. L'un deux est un flamand de sint-nicklass (le village de mon grand-père)... Gotferdom, encore une raison de trinquer!!!
Le temps s'écoule aussi vite que le flot de bière qui nous abreuve... on a les dents du fond qui baignent et ils nous faut manger une crasse locale. Pour information, il est à retenir que le mot gastronomie ne veut absolument rien dire ici, ils l'ont remplacé par "cuisine au gras".
Anita nous déniche le resto le plus populaire du coin, on ne peut y manger qu'un plat: le "bistec a lo probe". Savant mélange de frites, viandes au gras et omelette aux oignons... Affamé, on s'en fout plein le groing. La déco est pittoresque: des torpilles pendent au plafond, des jesus parsèment les murs et d'affreuses statuettes égaillent la pièce de-ci de-là... un régal pour les mirettes. Nous avons même droit à un concert d'accordéon... que demande le peuple?
 
On passe ensuite la nuit dans un bar quelconque... A partir d'ici, mes souvenirs sont trop floues que pour etre contés. Je sais seulement qu'il fait jour quand on va se coucher. Trois heures plus tard, frais comme des gardons, nous allons manger des crustacés dans un petit resto sur la côte. On y passe la journée à boire du vin blanc et à manger des moules. On chante, on rit pour rien et on se sent heureux... quel magnifique W-E!
 
Retour à la civilisation dans une capital terne et grise, nous sommes claqués et allons nous coucher de bonne heure... Demain, j'ai école!
 
Bonne nuit les petits...
- Par Touille
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