Comment raconter 2 mois de voyage accompagné d'un animal Bruxellois à la trouble et lointaine génétique baraqu'resse condruzienne; comment réduire en un vulgaire morceau de papier
l'épopée, si pas chevaleresque, pour le moins roquambolesque de deux Belges moyens en terre étrangère; comment mettre en image les cascades de péripéthies qui nous ont emmenées des côtes
Uruguayennes aux portes de la terre de feux; comment, emporté par le flot impétueux de nos aventures, rattraper deux mois de voyage intensif sans omettre quelques scènes croustillantes... En
commencant par l'arrivée de Laurent-outan pardi!
Après notre rencontre somme toute banale à l'aéroport avec ces traditionnels "comment va, la famille, ta soeur, ton chien, et patati", c'est dans l'ivresse de cervoizes gaulloises que nous passons
notre première journée ensemble, laurent et moi. Le rusé renard avait en effet frauduleusement rempli son sac de délicieuses frivolitées belges, également connues sous le nom de "chimay bleu",
"orval", "rochefort" et compagnie... Son stock d'une semaine n'était pourtant pas pret à affronter la voracitée d'un exilé assoiffé depuis bientot 4 mois! Nous sifflons le tout en une après-midi
ensoleillée, le tout royalement accompagné d'un Herve vieillit en soute à bagages.
L'effusion des retrouvailles à Buenos Aire nous épuise, d'autant plus que nous n'y trouvons rien d'autre à faire que se tamponner le coco. En réalité, très vite, cette ville nous emmerde:
trop grande, trop touristique, trop tout... Probablement que cette ville est pourvue de mille attrets mais nous n'y trouvons pas notre place et c'est donc de commun accord que nous la fuyons.
Direction, le Delta du Tigre et les plages enchanteresse d'Uruguay. Nous passons donc deux nuits dans le Delta... Incroyable: c'est rempli de petites iles séparées par de multiples bras de rio
oú on ne circulent qu'en barque... Vous allez me dire que c'est l'idée d'un delta... je sais... mais des fois je suis un peu con quand j'écris! Donc, cette wonderful petit ville
flottante a cependant deux défaults majeurs qui font que l'on s'en échappe assez vite.
Le premier est que, comme le veut le principe de l'ile, quand t'es dessus, t'es entouré d'eau; comme j'ai oublié de mettre mon bateau gonflable Nivea dans mon sac à dos, nous devenons très
vite victime d'un système de bateau-taxi qui t'agrandi la rondelle sans te mettre de vaseline... La douleur est forte et nous nous sentons rapidement prisonniers d'une ile oú il n'y a rien à faire.
Qu'à cela ne tienne, l'aventure commence et ce désagrément n'entache pas notre Backpacker spirit. Nous nous appliquons donc à faire ce que l'on fait de mieux: prendre l'apéro!
Et PAF, intervient maintenant la deuxième contrariétée de taille: ces saloperies de moustiques. Non pas un, dix ou cent, c'est ptits enculés sont des milliers à se régaler de nos peaux tendres et
s'ennivrent de notre sang aux saveurs de mojito!
Nous supportons trois jours la dépendense aux barques et la customisation de nos visages façon élephantman par les moustiques et partons à Nueva Palerma, un charmant petit
village Uruguayen. Wouahou, c'est vendredi soir, l'occasion de gouter les spécialitées locales. Sur la route des cafés du coin, nous sommes cependant surpris par l'ambiance particulière du
lieu: il n'y a personne dans les bars, tout le monde fait la fête à mobylette. Tout le village y est convié... de 7 à 77 ans! Attention, le tour de mobylette est bien organisé: il s'agit de passer
par la place, de prendre les deux rues principales, sans oublier de tourner à l'angle de la rue oú est la station de gazoline. Un même vendredi soir, quand un Belge remet une tournée de
pintes à l'assemblée, un Uruguayen se paye un bonus de 3 litre de super... Chaqu'un son combustible! La station essence fait fortune et les bars ont bien tristes mines, poussés aux
bords de la faillite par le lobby des mobylettes... Sombre histoire! Finalement, nous n'allons pas dans un bar et troquons la bière pour une glace sur un banc public avec cinema gratis à ciel
ouvert! Sur les cent motards, nous repérons même les blousons noirs anarchistes qui coupent par des rues adjacentes... Graines de mauvaises herbes, rompre avec une tradition céculaire! Choqué par
tant de laissé-aller avec la culture des ancêtres, nous partons le lendemain en stop pour des régions plus respectueuses du patrimoine.
Rien d'extraordinnaire, nous nous dorons la couène de plages en plages jusqu'à la frontière brésilienne. Ce ne sont pas encore les vacances en Uruguay et nous sommes seules sur les plages
ydilliques de Palerma. Notre petit séjour là-bas est cependant égaillé par la traversée du camping de ce qui semble être de loin une femme! Pour planter le décor, je suis paresseusement en
train de lire un livre à l'ombre des pins pendant que Laurent pend délicatement le linge fraichement lavé au fil,... quand arrive la demoiselle... La distance se faisant de plus en plus courte à
chaque déhanchement de la sirène, nous commencons à être pris d'un doute: "c'est quoi ça? un homme, une femme,... les deux??". A hauteur du campement, la grand fi-fille (qui s'appelle probablement
Diego ou Juan-Carlos) nous décoche un jovial et coquin: "Hoolaaa, quuuééé taaaaalll?". Vu l'emphase et l'intonation de la phrase, nous avons du, à notre inssu, attendrir cette grande tante à
sacoche. L'équivoque de la situation nous fait pouffer comme de vieilles amies... Peut-etre moi un peu plus que Laurent, conforté dans mon attitude de mâle dominant... C'est vrai quoi, c'est pas
moi qui pendait le linge!!!
Nous terminons cette escapade Uruguayenne dans la capitale, Montevideo. Deux jours, ou plutôt deux nuits extraordinnaires où j'assouvi mes désirs lubriques.C'est l'égo rechargé à 100 pour cent que
nous quittons ce pays fantastique où les plus vilaines des filles rivalisent avec nos plus beaux joyaux Belges. Je ne m'étendrai pas plus sur mes relations affectueuses transatlantique car,
comme le dit mon ami Brassens:
"Manquant à la pudeur la plus élémentaire,
Dois-je, pour les besoins d' la caus' publicitaire,
Divulguer avec qui, et dans quell' position
Je plonge dans le stupre et la fornication ?
Si je publi' des noms, combien de Pénélopes
Passeront illico pour de fieffé's salopes,..."
Sachez juste que ce sont des filles de bonnes moeurs et que je les aime toutes. Ca, c'est mon grand coeur, j'arrive pas à choisir... Quoique en général, c'est pas moi qui choisi.
A vrai dire, Je pense plutôt que si Laurent et moi avons du succès ici, ce n'est pas tant nos charmes Apollonniens que le fait qu'elles ne comprennent rien du tout à nos gauloiseries et trouvent le
francais "So sexy!". Hé, hé, hé, devenir une icone de l'amour seulement parce que tu parles francais... Pour ca et pour rien d'autre: Viiiiive la France!