Samedi 29 mars 2008



Parenthèse de l'auteur:

Le retard s'accumule mais je ne vous oublie pas, je vous le promet. Le problème est que cela fait maintenant 2 mois que je travaille et que je n'ai plus:
1 le temps,
2 La force,
3 L'inspiration,
4 Et patati...

Biffez les mensions inutiles et croyez ce que vous voulez... Désolé pour ceux qui me lisent toujours de temps à autre et désolé aussi pour ceux qui n'en prennent plus la peine (même si ils n'en sauront rien).
Je sais que la fraîcheur de cette nouvelle sent l'hospice mais faites comme si internet n'existait pas et que cette dernière histoire venait par chariot postal traversant moult contrées sauvages et ayant vécu mille et un périples pour tomber entre vos mains tremblantes d'impatience... Ça la rendra plus attractive!
Donc  je reprend là ou j'en étais:

         De retour en Argentine, nous partons directement pour Mendoza, c'est reparti pour 15 heures de bus. J'ai envie de montrer à Laurent La finca où j'ai travaillé un mois et demi. Nous y passons une semaine agréable à construire le toit d'un kiosque; comme une des maisons des trois p'tits cochons, nous le faisons de paille, boue et cane de maïs... J'espère juste qu'il y a pas de loup.
Pas de temps à perdre, malgré l'épuisement d'une semaine de dur labeur (désolé travailleurs mais après quelques mois d'oisiveté intensive, Laurent et moi nous épuisons vite),  nous partons pour le Sud. Le principe est de longer les andes en faisant quelques arrêts dans divers endroits jolis.
Nous faisons du Stop et qui dit Stop dit " Notion temps-distance parcourue et point de chute plus qu'aléatoire. Les joies du stop font qu'un jour n'est jamais un autre:
Ou tu attends 10 min pour faire 700 km d'une traite, ou tu attends 7 heures pour en faire 10, ou tu attends 1 jour pour finalement dormir dans la station essence!!... Tout cela bien sur agrémenté de détails qui rendent le voyageplus divertissant: gueule dans le cul, pluie (parfois), soleil de plomb sur fond désertique sans rien pour t'abriter, vent patagonien qui nous caresse le visage à grands coups de raffales ensablées de 300 Km/H... Bref un plaisir!!
Ceci étant, nous rencontrons des gens adorables, dormons dans des endroits qui sortent des autoroutes touristiques, économisons de l'argent pour notre soif de Bachus et vaille que vaille arrivons aux destinations voulues dans des temps réglementaires. Le premier arrêt que nous nous fixons est "El bolsom" et sachez le chers lecteurs, là-bas: "el magico es natural"... Laurent ne le dira jamais assez!

El bolsom est un village d'irréductibles youkoulélés où se mêlent artistes de rue, artisans à cheveux crouteux qui font de jolis colliers pour ta mouckère et quelques brasseurs de bières... Le tout dans une ambiance majijuanesque. On s'adapte comme on peut au village et on y passe deux semaines inoubliables. Nous fêtons noël là-bas avec un français, un anglais et deux irlandais dans un hostel atypique "La casita de Ester". Atypique tout simplement parce que la Ester en question est atypique; elle est plus souvent en connections avec le scrameustache et à voyager à contre-sens à dos de libellule sur la voie lactée qu'à tenir son hostel! Inutile donc de préciser que la bruyante brochette d'européens fanfarons que nous sommes s'occupe de la décoration. Sa casita devient notre caverne de cro-magnons et, en absence de femmes, ressemble vite à un chaos de vidanges, vaisselle sale et vêtements éparses.
Laurent se distingue directement le premier soir; il n'arrive même pas jusqu'au bar après notre repas de noël arrosé et préfère dormir sur le moelleux trottoir à l'angle des rues principales du village... c'est à dire: dans la foule. En bon ami, et surtout en connaissance de cause, je le laisse là et m'en vais déflorer quelques bouteilles toujours vierges, laissées pour compte dans leur froid, sombre et triste frigo d'inox... Ne pleurez pas mes douces, déjà je vole à votre secours vous donner un peu de chaleur chrétienne... Après tout, c'est noël pour tout le monde!!
Je suis ravi d'avoir rencontré deux Irlandais sympas et bruyants, moi qui en toute sincérité n'aimait pas ce peuple roux irrespectueux à l'accent incompréhensible. Je suis surpris de voir qu'en faite je n'étais qu'un gros con raciste... Alors merci à Jésus (je vous l'ai dit, c'est noël) et à vous deux de m'avoir donner le goût de retourner dans votre pays plat et pluvieux où la finesse de la gastronomie rivalise avec celle de vos femmes... Chui un peu vache là, faut quand même dire qu'ils ont de sacrés belles races de moutons... Sans oublier leurs cailloux!
Nous faisons un trek de 3 jours en montagne et en bon backpacker, la veille du départ, on fait le plein de toxine en buvant comme des chameaux jusqu'à 5 h 30 du mat'. Réveil à 9 heures, gueule dans le cul de dieu le père.... traverser la cuisine pour faire du café est physiquement comparable à l'ascencion de l'Everest jour de blizzard... Ca va être jovial!!! Je prépare mon sac. Quant à Laurent, ayant oublié sa dizaine de neurones dans une ultime bière à 9 degré, il pense bon de laisser dans son sac: ces cd, tous ces vêtements, ces bouquins et autres babioles très utiles en montagne... sacré caprin de montagne, il va en chier. Le premier jour, on monte de 1300 mètres; après 200 mètres de grimpette, nos coeurs sont prêt à exploser, on est rouge écarlate, on sue des gouttes d'un litre et notre transpiration sent la distillation d'un alcool à 40. exactement le genre de moment où on se dit: "Qu'est ce qu'on fout là?", "Depuis quand j'aime bien marcher?", "J'arrête de boire" et "putain que c'est chiant la montagne, ca fait que grimper!". Finalement tout se passe bien, les deux autres jours se passent mieux et on profite réelement des paysages magnifiques. Je pense que le fait d'avoir plus de sang que d'alcool dans les veines joue beaucoup.
De retour de la montagne, on a soif d'autre chose que de l'eau des rivières et c'est reparti pour une nuit blanche réglementaire Irlande-Belgique avec destruction parcielle de la casita de la pauvre Ester. Nous nous réveillons à 12h30 du matin, frais comme des gardons... Chui pas bien, il me faut un café. J'entre dans la cuisine et ne la reconnais pas: Ca pue l'encens, le sol et la cuisinière sont propres, une fille est en train de laver la vaisselle pendant qu'une autre guerroye vaillament avec la brosse à chiotte... Que se passe-t-il??? On assume mal le choc; on s'asseoit tout les quatres à tables et les regardons d'un air mauvais. On ne retrouve plus rien, on a peur de déplacer des trucs, ca ne sent plus l'hormone mais l'église (amen) et je n'ose faire caca tant la cuvette brille!!! On fait la gueule à Ester qui se permet de louer des chambres sans nous concerter. Pour le nouvel an, on va devoir partager notre espace avec ces quatres nouvelles venues.
Notre choc matinal passé et leur sympathie nous dérident un peu et, bien que l'on ne nous aie pas convié au vote, nous décidons finalement de les accepter dans notre nid douillet. Nous ne le regrettons pas et passons un fantastique nouvel an en charmante compagnie. Avec un brin de mysoginie, nous remarquons également qu'elles ne nous empêchent pas de foutre le bordel mais qu'elles le rangent rien de plus... c'est pas merveilleux ca?!
Mise à part cette constatation vulgairement machiste, nous devenons très bons amis et nous faisons un campement de 4 jours au bord d'un lac avec les filles, un irlandais et Alberto. Ce dernier est sans conteste devenu notre ami le plus cher. Il a plus ou moins la tête de Luigi dans Mario Bross et attire directement la sympathie. Il aime voyager et à la manière de "Huggy les bons tuyaux" a toujours un bon plan, ce qui fait qu'après 2 semaines de voyage au milieu du désert patagonien, nous le rencontrons une fois de plus à puerto natales au sud du chili. L'objectif, marcher ensemble dans le parc nationnal "Torres del paine" pendant 6 jours. Fantastique, incroyable, à couper le souffle!! Ne croyez pas les gens qui disent que c'est cher, trop touristique et surfait.
Il y a deux manière de le voir: Marcher et dormir dans les campings gratuits avec toute la réserve de bouffe pour 6 jours ou prendre le bus, le bateau, dormir à l'hotel et acheter la nourriture dans les kiosques extra-cher. Alors oui ca coute et oui il y a trop de gens mais si tu marche, tu peux le faire sans rencontrer personne de la journée et je vous promet que l'effort en vaut la peine. De plus vous voyez des choses bien plus belles que ces vermines friquées qui font les tours en péniche... bien fait pour eux!

C'en est déjà fini de notre voyage, laurent et moi, il s'en retourne dans nos terres du condroz et je m'en vais travailler à mendoza à la construction d'une maison...

Je dois bien avouer que les premières semaines sans mon labrador ont été un peu plus triste d'autant plus que je le savais festoyant avec mes amis et famille... Mais le projet dans le quel je me suis lancé capte toute mon énergie et c'est avec ferveur que je me mets à l'ouvrage ... je vous raconte tout ca plus tard, c'est promis!!


bisous bisous

touille




 







- Par Touille
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